Le parquet de Grenoble a lancé un appel à témoins après l'interpellation d'un homme de 79 ans, Jacques Leveugle, suspecté de viols et d'agressions sexuelles sur 89 mineurs dans plusieurs pays entre 1967 et 2022. Ce dossier, qualifié de "cas d'école de sérialité" par le procureur Étienne Manteaux, a également révélé que Leveugle est impliqué dans le meurtre de sa mère et de sa tante.
L'affaire a pris forme lorsque le neveu de Leveugle a alerté les enquêteurs, leur remettant des clés USB contenant des mémoires. Ces documents détaillent des rapports sexuels avec des garçons de 13 à 17 ans en France, mais aussi à l'étranger, dans des pays comme la Nouvelle-Calédonie, l'Algérie, et le Portugal.
Le procureur Manteaux a décrit Leveugle comme "cultivé et charismatique", utilisant une stratégie de séduction intellectuelle pour attirer ses victimes, qu’il voyait comme des jeunes éphèbes à former. Selon le colonel Serge Procédès, commander de la section de recherches de Grenoble, les actes sexuels n’ont pas été violents mais ont fait l'objet de contraintes morales.
Bien qu'il n'ait pas de casier judiciaire, Leveugle a été placé en détention provisoire pour viols et agressions. Parallèlement, il a admis avoir provoqué la mort de sa mère dans un acte de "délibération" en 1974, estimant agir par compassion, ainsi que de sa tante en 1992.
Actuellement, 150 personnes ont été entendues dans le cadre de cette affaire, mais seulement deux victimes ont décidé de se porter partie civile. Le procureur évoque une "ambivalence" chez les victimes, points indiquant une emprise que Leveugle aurait pu exercer.
L'appel à témoins vise à identifier d'éventuelles nouvelles victimes. L'urgence est de mise en raison de la prescription des faits, qui pourrait juridiquement exclure les crimes antérieurs à 1993. "Nous encourageons toute personne ayant été victime à se manifester", a ajouté le procureur, soulignant le temps limité avant la clôture de l’enquête dans les mois à venir.







