L'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, phare de l'éducation ouest-africaine, a décidé de suspendre « jusqu'à nouvel ordre » toutes les associations étudiantes en raison de la mort d'un étudiant survenue lundi lors de violentes manifestations. L'annonce a été faite le 12 février, suscitant une onde de choc à travers le pays.
Le décès s'est produit sur le campus, au cours d'une intervention policière dont les circonstances demeurent floues. Des manifestations, souvent motivées par la demande de paiements de bourses en retard, se sont intensifiées dernièrement, entraînant une escalade des tensions entre les forces de sécurité et les étudiants.
Lors d'un conseil académique tenu en urgence, les responsables de l'université ont estimé nécessaire de « suspendre, à titre conservatoire, les associations étudiantes » afin d'assurer « la sécurité des personnes et des biens ». Leur communiqué souligne également la douleur et l'affliction ressenties par le conseil suite à ce drame.
Gaz lacrymogène contre jets de pierre
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux révèlent l'ampleur de la violence entre les étudiants et les forces de sécurité. On y voit des agents de la police tirer du gaz lacrymogène à l'intérieur du campus, tandis que certains étudiants répliquent avec des jets de pierres. Une vidéo authentifiée par l'Agence France-Presse (AFP) montre même des policiers frappant un homme en détresse.
Le collectif des amicales de l’UCAD a vivement dénoncé les actions des forces de l'ordre, les accusant d'avoir « tiré sur des étudiants » et d'avoir « défoncé les portes des pavillons ». Ils affirment que l'étudiant décédé, Abdoulaye Ba, a « été brutalement torturé à mort par les policiers ».
La rencontre des responsables gouvernementaux a qualifié cette tragédie d'« incidents regrettables » et a même reconnu des « bavures policières ». Cependant, le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a justifié la nécessité de l'intervention, accusant certains étudiants de vouloir détruire les infrastructures de la cité universitaire.
Le climat à l'UCAD est particulièrement délicat, marqué par des perturbations répétées dans le calendrier académique. Ces désagréments rendent les paiements des bourses chroniquement tardifs, laissant les étudiants en attente pendant des mois.







