Un drame secoue l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) à Dakar, où un étudiant a perdu la vie lors de manifestations qui réclamaient le paiement d'arriérés de bourses. En réponse à cette situation tragique, l'université a suspendu « jusqu'à nouvel ordre » les amicales d'étudiants, redoutant pour la sécurité au sein du campus.
Le décès de l'étudiant, survenu pendant une intervention policière, a provoqué une onde de choc à travers le Sénégal. Lors d'une réunion d'urgence du conseil académique, il a été décidé de mettre un terme à ces amicales, souvent au cœur des manifestations estudiantines. L'université a clairement indiqué que cette suspension vise à « préserver la sécurité des personnes et des biens ».
Un comité sera également instauré pour réfléchir à des solutions permettant d'assurer la représentation étudiante au sein des instances universitaires. Le conseil a exprimé sa profonde tristesse face à cet incident tragique.
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent l'intensité des confrontations entre les étudiants et les forces de sécurité, où l'on aperçoit les policiers utilisant des gaz lacrymogènes et d’autres mesures répressives. Selon des témoins, ces interventions ont souvent dépassé les limites de la légalité.
Le gouvernement face à la polémique
Le collectif des amicales de l'UCAD a vivement dénoncé les actes de violence des forces de l'ordre, affirmant qu'Abdoulaye Ba, l'étudiant décédé, a été « brutalement torturé à mort par la police ». En réaction, le gouvernement a qualifié cette perte de « tragédie » tout en reconnaissant des « bavures policières ». Le ministre de l'Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a cependant justifié l’intervention, arguant que des étudiants avaient tenté de détruire des installations dans la cité universitaire.
Les perturbations dans le calendrier universitaire, qui affectent la distribution des bourses, ajoutent à la frustration des étudiants, mettant ainsi en lumière des problèmes structurels plus larges concernant l’éducation au Sénégal. Alors que le pays traverse cette crise, les regards sont tournés vers la réponse du gouvernement et la reconnaissance des droits des étudiants au sein des établissements d'enseignement supérieur.







