Ariane 6 a franchi une étape clé en réalisant son premier lancement pour un client privé, Amazon. Ce vol inaugural représente le début d'une collaboration ambitieuse dédiée à déployer la constellation Amazon Leo. Revivez ce moment historique !
Ce 12 février, la fusée européenne a marqué un tournant en lançant 32 satellites pour Amazon. Après avoir effectué quatre lancements pour des missions institutionnelles en 2025, Ariane 6 a prouvé sa capacité à transporter des satellites en orbite basse depuis le centre spatial de Kourou en Guyane française. Cette mission est un record pour le nombre de satellites lancés par un seul vol de la fusée Ariane.
Ce vol n’est que le premier d'une série de 18 lancements commandés par Amazon à Arianespace. Le premier vol, équipé de quatre propulseurs, a duré 1 heure et 54 minutes, avec une séparation des satellites en orbite basse programmée pour environ 20 minutes après le décollage. Arianespace prévoit de multiplier ses lancements en 2026 avec sept à huit décollages prévus, renforçant ainsi son carnet de commandes.
Vers une préférence européenne ?
David Cavaillolès, PDG d'Arianespace, s'est exprimé à ce sujet : "On voit que les lignes commencent à bouger", soulignant l'importance de persuader les États et les institutions européennes d'adopter une approche de préférence pour les services européens. Telle est la stratégie qu'il préconise pour rivaliser avec SpaceX et la concurrence mondiale.
De son côté, Lisa Scalpone, directrice mondiale du segment consommateurs d'Amazon Leo, a déclaré : "Avoir un partenariat stratégique avec l'Europe est essentiel" pour le succès de cette initiative.
Pour ce lancement, Ariane 6 a utilisé sa version la plus lourde, équipée de quatre propulseurs d'appoint, nécessaire pour transporter les 32 satellites d'Amazon Leo. Cette collaboration vise à satisfaire les besoins croissants d'Amazon tout en lançant Arianespace dans une nouvelle dynamique afin de rester compétitive face à d’autres entreprises, notamment SpaceX.
Les lancements institutionnels d'Ariane 6 sont limités à 2 à 4 par an, et Pierre Lionnet, directeur de recherche à Eurospace, souligne que de nombreux pays européens préfèrent la solution proposée par SpaceX, ce qui souligne l'urgence d’une stratégie renouvelée pour l’industrie spatiale européenne.







