Dans une déclaration récente, la Corée du Nord a mis en garde quant à une « réponse terrible » en cas de nouvelles violations par des drones venant du Sud, après avoir abattu un drone d'observation sud-coréen en janvier. Ce développement souligne les tensions persistantes entre les deux pays.
Depuis son arrivée au pouvoir, le président sud-coréen Lee Jae Myung a exprimé sa volonté de restaurer le dialogue avec la Corée du Nord, marquant ainsi un changement significatif par rapport à la politique plus dure de son prédécesseur, Yoon Suk Yeol. Au cours d'une enquête suite à l'incident, des perquisitions ont eu lieu dans des bureaux des services de renseignement sud-coréens à Séoul.
Dans un communiqué diffusé par l'agence d'État KCNA, Kim Yo Jong, la sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a réagi fermement : « Je préviens à l'avance : la réapparition de telles provocations, qui bafouent la souveraineté inaliénable de la RPDC, entraînera sûrement une réponse terrible. » Elle a reconnu que Séoul avait pris certaines mesures après l'incursion, mais a fermement affirmé que la violation de la souveraineté nord-coréenne était intolérable.
K. Yo Jong a ajouté : « Peu importe qui est réellement à l'origine de cette incursion, qu'il s'agisse d'un individu ou d'une organisation civile, il est crucial que les autorités sud-coréennes prennent les mesures nécessaires pour éviter que de tels actes insensés ne se reproduisent. »
Le mois dernier, la Corée du Nord avait annoncé avoir abattu un drone censé espionner ses installations près de Kaesong, à quelques kilomètres de la frontière fortement militarisée. Pyongyang avait alors exigé des explications détaillées de la part de Séoul.
Trois civils inculpés
Des images publiées par KCNA ont montré des débris du drone, illustrant des équipements supposés de surveillance. L'armée nord-coréenne a affirmé que le drone avait pris des images de cibles stratégiques dans la région frontalière. Séoul, pour sa part, a affirmé n’avoir aucun lien avec ces drones, précisant qu'ils appartenaient à un modèle commercial et n’étaient pas utilisés par les forces armées sud-coréennes. Les premières hypothèses ont suggéré que des civils pouvaient être à l'origine de ces incursions.
Lee Jae Myung a condamné l'incident, mettant en garde contre le risque d'escalade militaire entre les deux nations qui n’ont jamais signé de traité de paix à l'issue de la guerre de Corée (1950-1953). Trois civils ont été inculpés concernant cet événement. L'un d'eux a même pris la parole publiquement, affirmant avoir fait voler le drone pour surveiller la pollution autour d'une usine d'uranium en Corée du Nord.
Les autorités sud-coréennes envisagent également de questionner plusieurs soldats et un employé des services de renseignement qui pourraient avoir des liens avec cette affaire. L'ancien président Yoon Suk Yeol avait été accusé en 2024 d'utiliser des drones pour diffuser de la propagande au-dessus de la Corée du Nord.
Le ministre sud-coréen de la Réunification, Chung Dong-young, a également suggéré que des agents gouvernementaux fidèles à Yoon Suk Yeol pouvaient être impliqués dans l'incursion. KCNA a même allégué que la Corée du Sud avait tenté de faire passer un autre drone au-dessus de Kaesong en septembre, ce dernier étant rapidement neutralisé par un brouillage électronique.
Lee Jae Myung a promis de restaurer les relations avec la Corée du Nord en mettant un terme à de telles provocations, allant même jusqu'à évoquer des excuses pour les actions de son prédécesseur.
Récemment, un comité du Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé des exemptions pour l'envoi de nourriture et de médicaments en Corée du Nord, une initiative qui pourrait potentiellement relancer les discussions nucléaires avec les États-Unis. Pendant ce temps, la Corée du Nord se prépare à un congrès historique de son parti à la fin du mois de février.
© 2026 AFP







