Le gouvernement pakistanais a déclaré vendredi un état de "guerre ouverte" face aux autorités talibanes, suite à une incursion afghane à la frontière qui a poussé Islamabad à cibler des installations à Kaboul en représailles.
Des frappes ont visé, durant la nuit, plusieurs zones stratégiques en Afghanistan, dont Kaboul et Kandahar. Le ministre de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, a qualifié ces actions de "réponse appropriée" à l'attaque afghane survenue la veille.
"Notre patience a atteint ses limites. Aujourd'hui, nous sommes en guerre ouverte," a affirmé Khawaja Asif, ministre de la Défense, sur le réseau X.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a renforcé ces propos en déclarant que les forces armées possédaient la capacité d'écraser toute ambition hostile de leur voisin. Des journalistes de l'AFP, présents à Kaboul, ont rapporté des explosions violentes ainsi que des passages d'avions de chasse.
Les relations entre le Pakistan, une puissance nucléaire, et l'Afghanistan gouverné par les talibans se sont détériorées dans un contexte de tensions croissantes. Les points de passage entre les deux nations ont été largement fermés depuis des combats d'octobre ayant causé plus de 70 morts des deux côtés.
- "Attaques massives" -
Jeudi, l'armée afghane a annoncé qu'elle avait lancé des "attaques massives" à la frontière, en réponse à des bombardements pakistanais survenus le week-end dernier, qui auraient causé la mort de plus de 80 personnes, selon des sources sécuritaires afghanes.
En réponse, Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, a indiqué que les forces afghanes avaient capturé 15 avant-postes pakistanais et infligé des pertes significatives.
Le ministre de l'information pakistanais, Attaullah Tarar, a précisé que les frappes étaient destinées à des cibles militaires talibanes en territoire afghan. Toutefois, le ministère afghan a annoncé d'emblée de nouvelles frappes à grande échelle contre les soldats pakistanais.
Le ministère afghan de la Défense a quant à lui rapporté la perte de huit soldats pendant les offensives du jeudi, tandis qu'un porte-parole pakistanais a évoqué des "pertes lourdes" infligées aux forces afghanes.
La dynamique actuelle entre le Pakistan et l'Afghanistan rappelle les conflits sporadiques qui ont marqué leur histoire commune depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021. Alors qu'Islamabad accuse le gouvernement afghan d'héberger des groupes insurgés intensifiant les attaques sur son territoire, Kaboul a de son côté démenti ces allégations.
Les passages frontaliers ne restent ouverts qu'aux Afghans désireux de rentrer chez eux, suivant une trêve de courte durée qui a été rompue après que le Pakistan a accusé le régime taliban d'orchestrer des attaques terroristiques.
Les négociations, même sous l'intervention de pays comme l'Arabie Saoudite, n'ont pas réussi à désamorcer le conflit. Les espoirs d'apaisement se heurtent aux réelles tensions militaires et à la violence croissante à la frontière.







