Les chefs d'État de l'Union européenne se réunissent jeudi à Bruxelles pour aborder une nouvelle confrontation avec le Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Ce dernier bloque depuis plusieurs mois un prêt de 90 milliards d'euros destiné à soutenir l'Ukraine en pleine guerre contre la Russie.
Lors de ce sommet, les dirigeants européens mettront de nouveau la pression sur Orban pour qu'il retire son veto. Cependant, la réussite de cette manœuvre reste incertaine.
En décembre, Orban avait initialement consenti à ce prêt, après des négociations avec la Slovaquie et la République tchèque, qui se sont vus exemptés de leurs contributions. Ce financement est crucial pour l'Ukraine, afin de maintenir son effort de guerre jusqu'en 2027. Pourtant, depuis le lancement de sa campagne électorale pour les législatives du 12 avril, Orban a changé son fusil d'épaule.
Il conditionne désormais son accord à la reprise des livraisons de pétrole russe via le pipeline "Droujba", endommagé par des frappes russes. Cette situation a mis la Hongrie dans une position délicate, la rendant susceptible de maintenir son veto tant que ses exigences ne sont pas satisfaites.
'Pas de pétrole, pas d'argent', a déclaré Orban récemment, illustrant ainsi sa détermination à ne pas céder facilement.
Cette posture agace profondément ses partenaires européens. Margus Tshanka, ministre des Affaires étrangères de l'Estonie, s'est exprimé sur cette situation, déplorant que Budapest bloque des mesures qui renforcent la sécurité de l'UE.
Pour tenter de dénouer la situation, une nouvelle aide financière pour l'Ukraine a été proposée, accompagnée de l'envoi d'experts pour rétablir les opérations du pipeline.
En parallèle, Orban, en quête d'un cinquième mandat consécutif, utilise cette crise pour galvaniser les électeurs autour d'un discours nationaliste, tout en alimentant des narratives négatives sur l'Ukraine.
Va-t-il céder devant la pression européenne ou continuer à utiliser ce bras de fer à des fins politiques personnelles ? De nombreux diplomates expriment des doutes quant à ses intentions de compromis, considérant qu'il pourrait préférer capitaliser sur cette situation au bénéfice de sa campagne électorale.
Toutefois, un accord formel durant ce sommet n'est pas impératif, étant donné que l'Ukraine pourrait avancer jusqu'à mai sans se heurter à des obstacles financiers majeurs, selon divers analystes.
Ainsi, si Orban parvient à remporter les élections, son veto pourrait devenir superflu, laissant suffisamment de place pour de nouvelles dynamiques dans la coopération avec l'UE.







