Dans un climat de tensions croissantes, l'Iran a récemment affirmé avoir attaqué le porte-avions américain Abraham Lincoln, tirant des missiles vers le vaisseau de guerre. Toutefois, le régime iranien a également déclaré que les "navires non hostiles" pourraient désormais traverser le détroit d'Ormuz.
Accompagnés par un hélicoptère et une frégate de la marine indienne, un équipage a réussi à emprunter ce couloir maritime reconnu comme l'un des plus risqués au monde. Après 23 jours d'attente dans le golfe Persique, la nouvelle de leur possible passage est finalement tombée lundi. L'Iran a décidé de laisser leur navire passer. En contact avec les équipes de France Télévisions, le capitaine, Virendra Vishwakarma, a mentionné : "L'armée indienne nous a fourni des itinéraires à suivre. Nous avons reçu l'assurance que la voie était dégagée de l'armée iranienne et qu'il était donc sûr de passer".
Devait-ce des frais de passage avoir été versés à l'Iran ? Le capitaine avoue ne pas le savoir, mais il a reçu des instructions pour naviguer vers le nord le long des côtes iraniennes, escorté par l'armée indienne. Ce parcours, plutôt inhabituel, pourrait avoir été soigneusement choisi en raison des risques de mines, comme le soulignent des sources américaines. "Nous avons vraiment eu très peur. Nous priions tous pour sortir de là sains et saufs. C'était terrifiant", témoignait le capitaine.
Le détroit ouvert aux navires "non hostiles"
Le 25 mars, Téhéran a annoncé que le détroit d'Ormuz serait accessible aux navires considérés comme non hostiles. Quelles nations peuvent prétendre à cette classification ? Actuellement, le passage est très limité, impliquant principalement des bâtiments indiens et chinois. Qu'en est-il des navires battant pavillon français, toujours bloqués ? "Les pays jugés hostiles incluent les États-Unis, Israël, et d'autres alliés des agresseurs. On peut lister la France parmi ces pays, au même titre que beaucoup d'autres en Europe", souligne l'Amiral Alain Coldefy, ancien inspecteur général des Armées.
Les armateurs français continuent d'affirmer qu'ils n'ont reçu aucune directive nouvelle. Les marins, quant à eux, restent prudents à l'idée de traverser ce passage. "Nous n'avons pas de garanties, et les autorités françaises n'ont pas encore donné de consignes claires. De toute façon, s'il fallait passer, il faudrait en plus remettre du personnel sur le navire. Bonne chance pour trouver des volontaires !", a affirmé Emmanuel Chalard, secrétaire général de la fédération des Officiers de la Marine marchande (CGT). À noter que la France et le Royaume-Uni prévoient de se réunir cette semaine afin de discuter d'une éventuelle coalition pour assurer la sécurité du détroit d'Ormuz.







