Trump est-il réellement capable de négocier la paix avec l'Iran ? Alors que les décisions militaires des autorités iraniennes ont semblé erratiques suite à l'assaut américano-israélien, les dernières déclarations du président américain soulèvent des interrogations croissantes.
Après les succès militaires du 28 février, initialement perçus comme un signe de désespoir pour le régime iranien, l'image s'est altérée pour dévoiler un pays qui s'affirme avec résistance, maîtrisant à la fois sa population et son influence économique, notamment à travers le contrôle stratégique du détroit d'Ormuz.
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Selon les dires de Trump, la campagne militaire est un succès éclatant. Il évoque un régime iranien au bord de l'effondrement, tout en mentionnant les défis à la négociation résultant de la perte de nombreux dirigeants. Le 22 mars, Trump menace de frapper l'infrastructure électrique de l'Iran à moins que le détroit d'Ormuz ne soit réouvert, mais suspend ensuite cette menace, arguant de discussions constructives avec des responsables iraniens.
Le 25 mars, une réponse iranienne cinglante à ces menaces insinue que le pays pourrait sortir victorieux de ce conflit. Des figures telles que Mohammad-Bagher Ghalibaf, président du Parlement, sont citées comme ayant des contacts avec les Américains, mais ce dernier dénonce ces rumeurs comme une tentative de détourner l'attention des États-Unis de leur propre échec dans cette guerre.
Les Iraniens estiment que Trump souhaite clore ce chapitre, un besoin accentué par la montée des prix du pétrole et les enjeux politiques domestiques avec les élections de mi-mandat approchant. Un scrutin récent a propulsé un démocrate à la Chambre des représentants de Floride après une longue période de domination républicaine.
Art du deal
Certains experts avancent que les déploiements militaires aériens près des côtes iraniennes ne sont qu'une manœuvre tactique permettant à Trump de revendiquer une victoire symbolique. D'autres craignent qu'un éventuel accord ne soit si médiocre qu'il nuirait à la crédibilité du président auprès d'un public qui, bien que désintéressé par l'Iran, ne souhaite pas voir les États-Unis humiliés.
Dans ce flou ambiant, Trump pourrait sembler à son meilleur, bien qu'il soit plus à l'aise avec des régimes corrompus qu'avec des dirigeants fanatiques, comme ceux actuellement au pouvoir en Iran, tous issus du Corps des Gardiens de la Révolution (IRGC). Contrairement à ce que pourrait laisser entendre les pertes parmi les hautes figures du régime, de nombreuses têtes couronnées en place conservent leur influence.
Mohamed Jafari, ancien chef des Pasdaran, a cultivé son pouvoir à une époque cruciale, tandis que Ahmed Vahidi, directement impliqué dans la répression suite à l'assassinat de Mahsa Amini, continue de jouer un rôle central au sein du régime. Son prédécesseur a été remplacé à la tête des Pasdaran par Vahidi, témoignant d'une continuité indéniable dans la structure de pouvoir.
Mohsen Rezae, ancien commandant des Gardiens de la Révolution, et Ghalibaf, également général dans ce corps d'élite, sont d'autres figures clés qui maintiennent le régime en place. Ces dirigeants, participants actifs de la révolution de 1979, continuent à promouvoir une idéologie et une foi pure, faisant d'eux les bastions d'une théocratie entourée de défis extérieurs.
Des fanatiques actuellement à la tête du pays
Ces figures politiques, formées durant les années de guerre contre l'Irak, détiennent une vision profondément ancrée, foncièrement opposée aux valeurs démocratiques et voient toute négociation avec l'ennemi comme une hérésie à combattre. Leur engagement envers la doctrine de Velayat e-faqih, qui assure le pouvoir absolu au Guide Suprême, démontre la résilience d'une idéologie qui a survécu à des décennies de conflits et de rébellion.
C'est au sein de cette structure que toute possibilité d'accord avec l'Occident se heurte à un mur de fanatisme. Les nouvelles informations du centre Memri renforcent cette analyse, suggérant que tout rapprochement serait impossible tant que les aspirations idéologiques demeureraient prédominantes. Les États-Unis, et plus particulièrement Israël, continuent d'être vilipendés en tant qu'ennemis archétypaux, pour lesquels aucune réelle entente n'est envisageable.
Un véritable chemin vers la paix au Moyen-Orient ne pourra être tracé que par la libération du peuple iranien, une tâche devenant de plus en plus difficile face à un régime dont les leaders préfèrent l'idéologie au bien-être de leurs concitoyens. Les Israéliens, tant au niveau gouvernemental qu'auprès de la population, sont conscients de ce dilemme. Pour Donald Trump, l'espoir demeure que des solutions viables émergent malgré ces tensions insurmontables.







