Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a révélé vendredi un nouveau projet de loi visant à intensifier la lutte contre le séparatisme, s'inscrivant en complément de la législation adoptée en 2021. Ce texte introduit des dispositions supplémentaires, notamment la capacité de dissoudre certaines organisations jugées menaçantes.
« Nous avons déjà procédé à la fermeture de nombreuses associations liées au séparatisme islamiste et à la fermeture de lieux de culte suspectés d'alimenter cette idéologie », a souligné M. Nuñez lors de son intervention sur RMC-BFMTV. Il a également insisté sur la nécessité de mieux contrôler l'accueil collectif des mineurs, un domaine où selon lui des lacunes persistent.
Le ministre a précisé : « Il est impératif que toutes les structures d'accueil soient soumises à un contrôle rigoureux, ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui. » Il a également abordé le sujet des publications destinées aux plus jeunes, exprimant le souhait d'interdire certaines œuvres promouvant la haine, la violence ou la discrimination.
La loi de 2021, adoptée en juillet, a déjà introduit plusieurs mesures concernant la neutralité du service public, la lutte contre la haine en ligne, ainsi que le contrôle des associations et une meilleure transparence des cultes. Ce nouveau projet de loi a été soumis au Conseil d'État pour étude.
Interrogé sur le calendrier législatif, le ministre a indiqué : « Nous étudierons le moment opportun pour l’inscrire à l’ordre du jour, mais notre travail sur ce sujet ne faiblit pas. » En parallèle, il a réaffirmé que des textes juridiques existants permettent déjà d’agir efficacement contre le séparatisme.
Récemment, les déclarations de Nuñez concernant l’interdiction du voile pour les jeunes filles ont fait l'objet de nombreuses discussions sur les réseaux sociaux. « Je suis intransigeant sur la question du séparatisme et des ingérences islamistes », a-t-il déclaré avec fermeté.
Il a également reconnu que la vue de petites filles voilées dans l’espace public le dérangeait, affirmant : « Oui, cela pose problème. J'estime que j'ai ma place pour discuter de cette question. »
En parallèle, il a présenté un projet visant à renforcer la loi de 2021, en mentionnant des mesures comme l'interdiction de rassemblements pouvant susciter des tensions au sein de la communauté musulmane.
La préfecture de police de Paris a récemment pris un arrêté interdisant la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF), prévue du 3 au 6 avril, en invoquant des risques terroristes ciblant cette communauté.







