Le gouvernement français adopte une approche plus stricte concernant les arrêts maladie jugés abusifs. Ces derniers ont connu une forte augmentation ces dernières années, entraînant des coûts élevés pour l'Assurance Maladie. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé que des règles plus rigoureuses seront mises en place : les employeurs pourront désormais déclencher des contrôles en cas de doute sur la légitimité d'un arrêt.
Pour plus d'informations, visionnez notre reportage complet sur ce sujet.
Une simulation effectuée récemment a révélé la facilité avec laquelle un arrêt maladie peut être obtenu. Après une consultation en ligne de seulement trois minutes, le praticien a délivré un arrêt, sans que les symptômes soient réellement présents. Sofiya El Manani, directrice de microcrèches, témoigne : "Trop de personnes consultent plusieurs médecins pour obtenir des arrêts, ce qui crée un véritable problème de nomadisme médical."
Le gouvernement a clairement identifié ce phénomène et prévoit des mesures pour y remédier. Un nouveau système d'alerte sera mis en place pour permettre aux employeurs suspicieux de signaler des cas de potentiels abus. "Les contrôles seront renforcés, et l'accès à la CNAM sera facilité par une plateforme en ligne dédiée," a déclaré Jean-Pierre Farandou.
"C'est compliqué parfois, on est obligé parfois de s'arrêter"
Les dépenses de l'Assurance Maladie liées aux arrêts de travail ont été évaluées à 18 milliards d'euros en 2025, avec une part importante attribuée aux arrêts longs. Les témoignages d'employés dans des secteurs exigeants, comme le cas d'Hervé Chevalier, service en fonderie, montrent que ces situations ne sont pas toujours le fruit d'abus. Il explique : "Après mon opération du genou, il m'est difficile de travailler normalement, mes douleurs persistent."
De son côté, la médecin généraliste Guylaine Ferré souligne que la multiplication des contrôles ne résoudra pas la problématique sous-jacente des arrêts maladie. "Le débat doit également porter sur les conditions de travail et le recul de l'âge de départ à la retraite. Certaines personnes n'ont d'autre choix que de s'arrêter," avertit-elle. Cela met en lumière les évidentes contradictions de la législation actuelle.
Parallèlement, le gouvernement souhaite renforcer les politiques de prévention dans le milieu professionnel pour aider à diminuer le nombre d'arrêts de travail. Cela pourrait impliquer des formations pour les entreprises afin d’améliorer les conditions de travail des employés.







