La démocratie réclamée face à ses contempteurs

Une réflexion sur l'état actuel de la démocratie en France face aux élites.
La démocratie réclamée face à ses contempteurs
L'éditorialiste Christophe Barbier et le penseur Geoffroy de Lagasnerie n'ont plus une confiance absolue en la démocratie © Woytek Konarzewski/SIPA / Capture Youtube / Blast

Dans un contexte politique de plus en plus tumultueux, des personnalités progressistes telles que Geoffroy de Lagasnerie et des membres influents du « cercle de la raison », entre autres, expriment des préoccupations face à l'évolution de la démocratie. Cette inquiétude semble s’intensifier à mesure que le peuple s’éloigne des élites et de ses représentants. Tribune d’Aurélien Marq.

« La République est au-dessus de la démocratie. Si une élection menace la République, il faut se dresser contre elle. » Ces paroles, prononcées par Christophe Barbier, président du « cercle de la raison », résonnent comme une alerte sur les dérives potentielles où une fraction de la population pourrait vouloir débattre de la démocratie elle-même. Ce discours, partagé par une part significative de la gauche et du centre, révèle une évolution alarmante : un rejet implicite de la souveraineté populaire, masqué sous des arguments d’un prétendu devoir moral.

Il est indéniable que la démocratie présente des lacunes. En effet, elle n’a pas empêché la captation du pouvoir par des figures représentées par Barbier, conduisant à des conséquences notables comme l’augmentation du tiers-mondisme, la désindustrialisation, ou encore un endettement chronique du pays. Chaque système politique a ses failles, mais rares sont ceux qui proposent de renforcer la réclame populaire comme remède.

Certaines voix s’élèvent pour promouvoir une démocratie aux accents aristocratiques, mais permettant aussi une participation éclairée des citoyens. Pourquoi ne pas envisager des exigences plus strictes pour les élus ? Des modèles comme celui de la démocratie suisse, soutenus par des idées éthiques et éthérées d'anciennes élites, s’offrent à la réflexion, tout comme les ouvrages de Jacqueline de Romilly, notamment Problèmes de la démocratie grecque, qui évoquent un retour à des fondements plus solides.

La démocratie confisquée

De son côté, Emmanuel Macron semble vouloir solidifier les institutions par le biais de personnalités sèches et d’alliés capables de parer à une éventuelle victoire des partis de droite. Il a été rapporté par Marianne : « C’est nécessaire d’être capable de résister au recul de l’État de droit et de la démocratie. » Chantal Delsol s’inquiète également, en affirmant que la démocratie a été transformée en une définition imposée par des élites, radicalisant ainsi la soumission des opinions populaires.

Les tensions continuent avec des figures telles que Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, qui, selon un sondage, a désigné près des deux tiers des Français comme des « ennemis de la République ». Les débats autour de la démocratie continuent ainsi d’alimenter une discorde profonde, mobilisant des voix progressistes pour justifier la restriction des droits des masses en s’appuyant sur des idéaux déconnectés des réalités populaires.

Citoyens, vous êtes dissous

La volonté de faire abstraction des voix populaires et de restreindre la notion de « démocratie » à une élite minoritaire semble se cristalliser dans de nombreuses déclarations politiques. La menace réside désormais dans l’érosion de la capacité même des citoyens à dire leur fait face à la gouvernance.

En Espagne, la députée européenne Irene Montero de Podemos a déclaré : « Bien sûr que nous voulons qu’ils votent. J’espère que nous pourrons balayer ce pays de fascistes et de racistes grâce aux migrants. » Sur le plan intérieur, des figures comme Jean-Luc Mélenchon, invoquent une précaution vis-à-vis de ceux qu’ils jugent incapables d'embrasser un projet commun d’avenir.

Il est difficile de ne pas percevoir qu’avec des personnalités proéminentes telles que Barbier et Nunez, l'étau se resserre autour d'une définition restreinte de la citoyenneté. C’est un processus qui ne laisserait pas de place à la diversité d'opinion au sein de la nation, une préoccupation partagée par des experts qui incitent à une réévaluation des pratiques démocratiques actuelles.

Pour conclure, si les élites semblent vouloir canaliser la démocratie pour qu'elle serve des intérêts spécifiques et supérieurs à l’éducation du peuple, il est impératif de préserver autant que possible cette précieuse souveraineté des citoyens. Pour une France qui s'épanouit sous le regard avisé de ses véritables architectes : les citoyens, il devient crucial d'affermer la République pour qu’elle serve réellement le pays et ses habitants.

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