Invité sur RTL ce mercredi matin, Bally Bagayoko, le maire LFI de Saint-Denis, a réfuté les rumeurs concernant sa police municipale et a demandé des renforts de l'État face à la montée de la délinquance. « Deux départs sur cent trente-cinq » : c'est ainsi que Bagayoko a décrit la situation actuelle de sa police municipale, cherchant à corriger les fausses informations qui avaient circulé après son élection.
Accusé d'avoir réduit les effectifs de sa police en retirant des lanceurs de balles de défense (LBD), il a affirmé : « Le LBD reste dans la voiture et leur nombre sera réduit. Ne faisons pas croire que la police municipale a des pistolets à eau ».
Les agents conservent d'autres moyens d'intervention, comme des armes à impulson électrique et des vaporisateurs de gaz, a ajouté le maire. Les effectifs de la police municipale restent présents, tout comme la vidéoprotection qui maintient ses 834 caméras opérationnelles. « On ne les débranche pas », a-t-il insisté.
Un discours de fermeté dans une ville où les vols avec armes ont augmenté de 9 % au cours de l'année passée, avec 829 cambriolages au total. Pour Bagayoko, la réponse sécuritaire doit aller au-delà de la simple capacité municipale. Avec 350 policiers municipaux sur le terrain, il a demandé au ministre de l'Intérieur une intervention renforcée en impliquant également la police nationale, en réclamant un accroissement de 20 % des effectifs. « Ça permettrait de traiter pas mal de sujets », a-t-il conclu.
« Je ne dis pas que Macron est raciste »
Au-delà des questions de sécurité, Bagayoko s'est exprimé sur sa récente rencontre avec Emmanuel Macron, lors de son passage à Saint-Denis. Le président a exprimé son soutien face aux allégations de racisme dont le maire a été victime, ce qui a rassuré l'élu. Il a même remis un T-shirt « Stop au racisme », qu’il a invité Macron à porter lors d’une manifestation à Paris le 3 mai.
Malgré ce soutien, Bagayoko critique le « silence présidentiel » qualifié de réflexe clanique. « Les actes commis dans les quartiers populaires ne suscitent pas la même réactivité de l'État », a-t-il affirmé, soulignant une inégalité de traitement.
Il a conclu en indiquant que la rapidité de réaction du gouvernement sur certaines questions, comme l’annulation d’un arrêté anti-expulsion, contraste avec sa volonté d'une intervention plus prompte sur d'autres sujets critiques.
Pour clarifier sa position, il a ajouté : « Je ne dis pas que Macron est raciste. Je dis que son silence interroge dans une séquence aussi importante ».







