L'interaction entre Bally Bagayoko, le maire LFI de Saint-Denis, et Emmanuel Macron a été brève, mais significative. Mardi soir, lors d'un concert organisé en l'honneur de la Légion d'honneur, le maire a remis au président un message de quatre pages et un tee-shirt arborant le slogan « Stop au racisme ». Selon l'Élysée, la rencontre fut marquée par une volonté de réassurance, Emmanuel Macron ayant exprimé son indignation face aux actes racistes, se déclarant intransigeant à ce sujet.
Dans sa lettre, Bally Bagayoko a remercié le président pour son soutien en réponse aux attaques racistes dont il a été l’objet depuis sa prise de fonction, tout en faisant part de son regret que Macron n'ait pas pris la parole publiquement quand ces agressions étaient à leur paroxysme. « C'est insuffisant », a-t-il affirmé.
Depuis son élection, Bally Bagayoko, d'origine malienne, a été visé par des commentaires racistes, notamment sur la chaîne CNews. À la suite d'une plainte qu'il a déposée, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour injure publique en raison de l'origine, de l'ethnie, de la nation, de la race ou de la religion. Selon Le Monde, ces attaques ont mis en lumière le climat tendu qui règne autour de certaines figures publiques dans les banlieues françaises.
Une ville à bout de souffle
Dans sa correspondance, le maire dresse également un état des lieux préoccupant de Saint-Denis, évoquant le sous-financement de l'État, des coupes budgétaires qui nuisent à l'éducation, ainsi que des délais excessifs pour l'obtention de titres de séjour. Cela entraîne des pertes d'emplois et complique la recherche de logements. Les effectifs de la police nationale sont jugés insatisfaisants, ce qui aggrave encore la situation.
Bagayoko s'est dit « à la disposition » du gouvernement pour œuvrer à la réconciliation entre les quartiers populaires et la capitale. Une marche républicaine contre le racisme est prévue le 3 mai à Paris, en écho au rassemblement du 4 avril à Saint-Denis, et il a invité Emmanuel Macron à y participer. Une telle mobilisation pourrait être le début d'une nouvelle dynamique pour aborder de front les problématiques de discrimination et de racisme en France.







