Le 16 avril dernier, la maison d'édition Grasset a été fortement secouée par le départ de plus de 130 auteurs, suite au limogeage du PDG Olivier Nora. Parmi eux, figure la Nancéienne Hélène Gestern, qui n'a pas caché sa désapprobation face à cette décision qui semble illustrer un changement de cap contesté au sein de la maison d'édition, désormais sous le patronage du milliardaire Vincent Bolloré.
Gestern, qui a récemment publié son treizième roman intitulé Usine 4, a qualifié cette éviction d’« inadmissible ». Elle a co-signé une lettre ouverte avec d'autres auteurs pour dénoncer ce qu'ils perçoivent comme une menace contre le pluralisme et la liberté d'expression. « La brutalité de ce geste envers Olivier Nora, un éditeur d'un talent exceptionnel, est déconcertante. Après 26 ans de service, il a été remercié en quelques heures », précise Hélène Gestern.
« Quitter Grasset est un crève-cœur », confie Hélène Gestern. « J'éprouve une grande tristesse à l'idée de laisser derrière moi non seulement Olivier Nora, mais aussi les équipes avec lesquelles j'ai tissé des liens étroits, des maquettistes aux attachés de presse. Tous ces gens, je les connais par leur prénom. Les abandonner est extrêmement difficile », ajoute-t-elle.
Ce mouvement de départ ne concerne pas seulement Hélène Gestern. D'autres figures de la littérature lorraines, comme Virginie Despentes, Delphine Horvilleur, Gérald Bronner et Claudie Huntzinger, se joignent également à cette contestation en quittant Grasset. Cette mobilisation suscite des questions sur l'avenir de l'édition française, déjà stratégiquement affectée par des prises de contrôle telles que celle opérée par Vincent Bolloré, qui avait acquis le groupe Hachette en 2023, remettant en cause les valeurs fondamentales d'indépendance et de diversité dans le milieu littéraire. Selon le quotidien Libération, cet événement pourrait inaugurer une ère de stricte conformité éditoriale au sein des grandes maisons d'édition.







