La proposition du premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, d'instaurer une primaire en deux temps pour élire le candidat non mélenchoniste à la présidentielle de 2027 fait déjà couler beaucoup d'encre. Rejetée par des figures clés, dont Raphaël Glucksmann, cette idée suscite des tensions au sein du parti.
Olivier Faure, militant pour une candidature unique de la gauche modérée afin de contrer l'extrême droite, a mis sur la table une première primaire réservée aux membres du PS et à Glucksmann. Ce dernier doit se prononcer avant septembre. Le gagnant de ce premier tour serait ensuite engagé dans une seconde primaire ouverte à l'ensemble de la gauche écologiste.
Malgré un soutien initial de certains membres du PS, la proposition fait face à un fort scepticisme. Glucksmann et son entourage ont déclaré à l'agence France Presse : "Depuis un an, nous affirmons notre opposition à une primaire, alors nous ne comprendrions pas un processus à double tour". L'hostilité à cette méthode pourrait bien s'avérer un obstacle majeur dans la quête de légitimité du PS.
Mêmes réserves exprimées par l’ancien président François Hollande, qui appelle à une désignation d'un candidat réformiste concertée. Il a jugé la démarche de Faure comme peu réaliste, tout en ajoutant qu'une double primaire serait inacceptable pour ceux qui rejettent l'idée d'une primaire de gauche.
Boris Vallaud, leader des députés socialistes et fervent opposant à la primaire proposée par Faure, a également qualifié cette initiative de "concept sorti de nulle part", déplorant l'absence de discussions en interne. Malgré le déni d'Olivier Faure sur ces allégations, des fissures se dessinent de plus en plus au sein du PS.
Les Écologistes, quant à eux, observent ce tumulte avec une certaine perplexité. Certains cadres estiment que ce schéma de désignation interne est synonyme d'un retour à des pratiques qui ne répondent pas aux aspirations contemporaines du groupe. Un cadre vert a affirmé : "C'est une démarche qui reste enfermée dans des débats d'initiés, sans adresse aux véritables défis de la société".
À l'approche de la date cruciale du 9 juillet, où les militants socialistes devraient voter sur ce processus, l'incertitude demeure. Un député du PS a souligné que la participation de Glucksmann à cette primaire sociale serait cruciale pour bénéficier du soutien du PS, soulevant la question : que signifie sa candidature si elle est fondée sur une peur d'affronter des défis au sein même de son camp ? L'issue de ce débat pourrait redéfinir la dynamique politique de la gauche française à l'approche des élections de 2027.







