Le 1er juin dernier, les corps de quatre travailleurs migrants, retrouvés calcinés dans une voiture en Calabre, ont suscité une profonde indignation en Italie. Deux individus d'origine pakistanaise ont été interpellés et sont désormais accusés d'homicide. Cette tragédie met à nouveau en lumière les pratiques de l'exploitation des migrants dans les campagnes du sud du pays.
Des images captées par des caméras de surveillance, relayées par Corriere della Sera, montrent deux hommes lançant un liquide inflammable sur une voiture, puis fermant les portes pour empêcher toute fuite. La notoriété de ce drame se concentre sur la petite ville d'Amendolara, située dans un recoin du sud italien. Comme l'indique un témoignage, « ces travailleurs agricoles ont perdu la vie parce qu'ils réclamaient leur dû », expliquant, selon le récit rapporté par Sky TG 24, que leur refus de rémunérer pour le transport a conduit à leur exécution.
Les victimes, des Afghans et un Pakistanais, étaient apparemment menacées par deux caporaux, une figure largement connue dans ce secteur. Les caporaux sont souvent des travailleurs migrants à même de parler la langue locale, tirant alors profit de ceux qui ne connaissent pas les rouages du système. Selon les données du syndicat CGIL, seulement 30 % des travailleurs migrants en Italie possèdent un contrat officiel, et un nombre considérable travaille sous le manteau.
Ces caporaux, en plus de recruter, proposent un ensemble de services, incluant le transport, le logement et la nourriture, en facturant ces prestations à des tarifs exorbitants, dévorant ainsi une grande partie des salaires de ces travailleurs précaires. Comme l’explique un article du Corriere della Sera, « cette exploitation est facilitée par des complicités tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Italie ». En effet, la criminalité organisée, notamment la 'Ndrangheta, maintient un contrôle tissé dans le milieu agricole, proférant une immense influence sur la sélection des caporaux, selon des syndicalistes locaux.
Cette tragédie ne fait qu'illustrer un système : la lutte pour des conditions de travail décentes semble désespérément vaine dans un secteur qui génère 4,8 milliards d'euros de revenus chaque année via l'exploitation des salariés, comme l'affirme un rapport de La Repubblica. Cette économie souterraine non seulement prospère mais persiste, transformant la vie des migrants en véritable enfer.
“Des esclaves continuent à travailler. Et à mourir.”
Il est frappant de constater que malgré la notoriété de ces abus, ce modèle économique continue d’opérer dans l’ombre, alimentant un cycle de violence et d’injustice. Comme un article de lenouvelliste.fr l'affirme : "des esclaves continuent à travailler ici. Et à mourir.”







