Dans une interview accordée à La Provence, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, déclare qu'il est vital que le budget 2027 soit «adopté rapidement à l'aide d'un 49.3». À quelques mois d'une présidentielle dans un contexte de majorité parlementaire quasi inexistante, elle insiste sur la nécessité d'un budget sobre et technique, capable d'offrir des perspectives de stabilité. Elle explique : «À neuf mois d'une présidentielle, il est essentiel de sécuriser un budget. Il doit être raisonnable et favoriser une stabilité fiscale pour entreprises».
Le dispositif du 49.3, inscrit dans l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, permet au gouvernement d'adopter un budget sans vote en engageant sa responsabilité devant l'Assemblée. Bien que le Premier ministre Sebastien Lecornu avait promis de ne pas recourir à cette méthode, il a dû y recourir en janvier pour le budget 2026. Cette décision fut cruciale pour maintenir son gouvernement en place, car le Parti Socialiste n'a pas présenté de motion de censure.
Face à l'absence de majorité pour le budget 2027, diverses options se dessinent. Les possibilités incluent le recours au 49.3, aux ordonnances budgétaires, ou encore l'adoption d'une loi spéciale reconduisant les recettes de l'année précédente. Cependant, cette dernière solution est jugée peu favorable par le gouvernement, avec le ministre des Comptes publics David Amiel avertissant qu'« un tel choix mettrait le pays en grave danger ».
Par ailleurs, les ordonnances, qui permettraient au gouvernement d'imposer son budget sans engager sa responsabilité, suscitent des inquiétudes. Des membres du PS, par exemple, voient en cela un «précédent inquiétant juste avant la présidentielle de 2027». Le risque d'une déstabilisation du gouvernement, même en cas d'adoption du budget, est jugé élevé.
Sur le plan politique, l’ancien président François Hollande a récemment plaidé pour l'utilisation du 49.3, estimant qu'une «courte discussion budgétaire» pourrait permettre d'atteindre une «stabilité minimale» en attendant de discuter des réformes structurantes. Interrogée sur sa possible candidature aux élections présidentielles, Yaël Braun-Pivet reste ouverte mais prudente : «Je pense que c'est trop tôt et les Français n'en parlent pas. J'ai encore de nombreux textes de loi à faire voter. Chaque partie se renferme, ce n'est pas la bonne méthode. J'aimerais rassembler les gens autour d'un projet commun».







