Alors qu'une proposition de loi intégrale sur les violences sexuelles a été soumise fin 2025, co-signée par une centaine de députés, elle n'a toujours pas été examinée ni par l'Assemblée nationale ni par le Sénat.
Le Conseil de Paris a voté mardi un vœu demandant à ce qu'une loi intégrale soit rapidement inscrite à l'ordre du jour du parlement. Cette demande émerge après l'affaire tragique de Lyhanna, suscitant l'engagement d'une coalition de groupes féministes et de défenseurs des enfants, qui réclament une réforme urgente.
Le maire socialiste, Emmanuel Grégoire, a exprimé son souhait que le gouvernement prenne des mesures urgentes, déclarant : « Nous invitons le gouvernement à se saisir en urgence du dossier pour l’inscrire à l’agenda parlementaire ». Ce vœu a été adopté à l’unanimité après une minute de silence en mémoire de Lyhanna.
Une réponse collective face à la crise
La ville de Paris s’affiche comme la première collectivité à soutenir activement cette initiative. Florence Volt, porte-parole de la Fondation des femmes, a salué cet engagement et espère un soutien accru de la part d'autres municipalités. « J'espère que d'autres collectivités emboîteront le pas », a déclaré la députée PS Céline Thiébault-Martinez, qui a présenté cette proposition de loi.
Plus d'un millier de manifestants ont également défilé devant le ministère de la Justice à Paris, s'alignant sur la demande d'une législation qui couvre divers domaines, y compris la justice, la protection des enfants et la santé.
Hélène Renaud, une militante de la cause, a commenté : « Les victimes ont besoin d'une protection juridique solide, et il nous faut des actions concrètes ». La nécessité d'une action significative est également soulignée par le rapport récent de la Ciivise, qui soulève des inquiétudes sur le faible taux de condamnation des violences sexuelles sur mineurs en France.
La pression monte pour l'action législative
Le débat sur cette loi revient dans un contexte alarmant où des enquêtes récentes ont mis en lumière des manquements dans la protection des mineurs dans les établissements scolaires. « Une loi ne remplacera pas dix ans d’inaction », a déclaré Maud Gatel, conseillère municipale (MoDem), soulignant les défis à relever. « Les petits Parisiens méritent mieux, la ville doit assumer ses responsabilités ».
Des appels à l'action se multiplient, avec un soutien croissant de la part de la société civile et des élus, qui attendent désormais que le gouvernement donne suite à ce vœu urgent qui pourrait marquer un tournant décisif dans la lutte contre les violences sexuelles et la protection des victimes.
L’ancien premier adjoint, quant à lui, a initié une enquête indépendante pour éclaircir les événements des dix dernières années, tandis qu’une mission d’évaluation transpartisane sera mise en place au Conseil de Paris, à la demande de l’opposition de droite. Le chemin vers une réforme législative s’annonce jalonné d’obstacles, mais la volonté politique semble en train de se cristalliser.







