L'armée ukrainienne a lancé le 15 juin une initiative majeure pour rendre ses rangs plus attractifs. Avec plus de 90 000 pertes en quatre ans de conflit, Kiev cherche désespérément de nouveaux volontaires pour pallier un manque chronique d'effectifs.
Le bilan tragique des pertes ukrainiennes, évalué à 90 000 militaires décédés selon le projet UA Losses, souligne l'urgence d'une telle réforme. Les offensives russes continuent d’affecter la situation, avec une pression croissante sur les forces ukrainiennes, comme le remarque Midi Libre.
Face à ces défis, Kiev a noté une hausse alarmante du nombre d’Ukrainiens fuyant la conscription, avec environ deux millions d'échappés et 200 000 soldats absents.
"Plus de prévisibilité et de contrôle"
Pour contrer cette crise, l’armée ukrainienne propose désormais des contrats à durée déterminée de six, dix ou quatorze mois pour les combattants en première ligne, et jusqu'à 24 mois pour les autres postes. Selon Mykhailo Fedorov, ministre de la Défense, ces nouveaux accords promettent "plus de prévisibilité et de contrôle sur son service personnel" et offrent des "sursis garantis après la fin du service". Cela signifie que ceux qui s'engagent y gagnent un minimum de six mois de dédommagements sans retour au front.
Une paie triplée
Cette réforme, récemment annoncée par le président Volodymyr Zelensky, inclut également une augmentation significative des salaires. Les soldats en positions non-combattantes perçoivent désormais un minimum de 30 000 hryvnias (580 euros), contre 20 000 précédemment. Pour ceux en première ligne, les rémunérations peuvent atteindre 460 000 hryvnias (8 840 euros) par mois, soit un triple de leur salaire précédent.
Kiev tente de reconquérir les déserteurs
En parallèle, le ministère de la Défense cherche à ré-inclure les déserteurs au sein des rangs militaires grâce à un programme temporaire facilitant leur retour avec des avantages financiers. Avec la lutte qui semble s’éterniser, de nombreux soldats, épuisés, ont quitté leurs positions. Pour y faire face, Zelensky a promulgué des lois durcissant les sanctions pour désertion, qui peuvent atteindre 12 ans de prison.
La situation continue d'évoluer, mais ces réformes pourraient bien marquer un tournant tant pour l'armée ukrainienne que pour la résistance face à l'agression russe.







