Des tensions au conseil départemental de Tarn-et-Garonne sur le budget supplémentaire

Le vote du budget supplémentaire a été marqué par des débats houleux et des accusations.
Des tensions au conseil départemental de Tarn-et-Garonne sur le budget supplémentaire
Valérie Rabault a plusieurs fois interpellé Jean-Claude Bertelli sur la présentation du compte financier unique 2025 puis du budget supplémentaire 2026 où elle a décelé beaucoup d'imprécisions. DDM - DDM MA

Le vendredi 26 juin 2026, l'assemblée plénière du conseil départemental de Tarn-et-Garonne, réunie à Montauban, a mis près de huit heures à voter le budget supplémentaire. Ce dernier, amendé pour inclure six millions d'euros attribués par l'État, a suscité de vives réactions. L'opposition, surprise de ne pas voir cette somme apparaître dans le document présenté par Jean-Philippe Bésiers, a fait entendre sa voix avec force.

Depuis l'élection de Jean-Claude Bertelli à la présidence du conseil, le climat au sein de l’hémicycle est devenu particulièrement tendu. Le nouveau président s’est vu confronté à une assemblée divisée, à l’image des débats d’hier. Les élus ont examiné le compte financier unique de 2025 et le budget supplémentaire pour 2026, qui n’aurait dû être qu’une formalité, selon M. Bertelli. Cependant, les problèmes ont commencé lorsque le président de la commission des finances, Jean-Philippe Bésiers, a introduit le sujet des six millions d’euros, provoquant une série de controverses.

À 16 heures, alors que M. Bésiers présentait son allocution, les membres de l’opposition ont réagi rapidement en proposant un amendement qui allait déclencher des discussions prolongées. Ce montant important, 6,09 millions d'euros du fonds de sauvegarde des départements, avait été annoncé officiellement par le gouvernement. Pourtant, il n'avait pas été intégré dans le budget supplémentaire, ce qui a conduit à des critiques acerbes de la part de l'ancienne présidente de la commission des finances, Valérie Rabault. Elle a insisté sur l'importance de la transparence dans les décisions budgétaires.

Marie-Claude Nègre, représentant les radicaux, a aussi déploré le manque de clarté entourant cette somme : "Pourquoi occulte-t-on complètement cette somme alors qu’on la connaît déjà ? C’est un manque de transparence qui pourrait nuire à notre crédibilité politique." Ce à quoi M. Bésiers a rétorqué qu’il l’inscrirait lors d'une décision modificative future, sans considérer l’urgence de l'intégrer immédiatement.

Les interventions étaient ferventes. Dominique Sardeing a exprimé ses inquiétudes face à la hausse de l'emprunt de 23 millions d'euros demandée sur un seul exercice, tandis que Valérie Rabault ne comprenait pas cette obstination à ne pas inclure les six millions dans le budget, mettant en question la sincérité des propos tenus par M. Bésiers.

La séance s'est intensifiée lorsque Bésiers a tenté de justifier ce choix en expliquant que les 6 millions seraient couverts par d’autres emprunts. "Il s'agit de maintenir un équilibre budgétaire," a-t-il avancé. Cependant, la pression montait, et l'assemblée a exigé des explications sur la gestion financière.

Valérie Rabault très offensive

Dès le début de la séance, Valérie Rabault n'a pas manqué d’exprimer son désaccord. Interpellant Bésiers, elle a déclaré : "Ton refus d'accorder un état des lieux financier de fin de mois montre un manque de transparence. Comment pourrions-nous avaliser un budget sans connaître la réalité de nos finances ?" Son intervention a mis l'accent sur la nécessité de transparence et d'objectivité dans les décisions financières du département. À 17 heures 20, après des discussions en commission des finances, un compromis a été trouvé : les six millions furent finalement intégrés au budget dans la section investissements, servant notamment à financer les travaux de voirie. Le budget supplémentaire a été adopté avec 18 voix pour, 2 voix contre et 10 abstentions.

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