Les récents sondages révèlent une préférence chez les adversaires politiques pour affronter Jordan Bardella plutôt que Marine Le Pen. Cette tendance, bien que la popularité des deux figures du Rassemblement National (RN) soit similaire, s'explique par la perception de Bardella comme un candidat plus vulnérable, moins aguerri que Le Pen, qui a déjà affronté la présidentielle à trois reprises.
Le 31 mars 2025, Marine Le Pen pourrait se retrouver face à une condamnation équivalente à quatre ans de prison, dont deux fermes, en raison de l'affaire des assistants parlementaires, tandis que la candidature de Bardella pourrait être perçue comme un plan B dans l'ombre. Actuellement, la dynamique s'est inversée, la candidature de Bardella étant mise en avant dans divers milieux conservateurs et testée en priorité dans les sondages.
Les divergences politiques entre Le Pen et Bardella, notamment sur des questions telles que l'union des droites et la réforme des retraites, sont au cœur des analyses. Les adversaires de Le Pen la jugent nettement plus redoutable, reconnaissant qu'elle possède une image avérée comme "présidentiable". Un ministre a ainsi déclaré : "Elle est entrée dans la vie des Français grâce à ses campagnes répétées".
Jean-Luc Mélenchon a également souligné l'intelligence et l'expérience de Le Pen, des qualités qui font d'elle une adversaire redoutable. Malgré cela, une enquête Ipsos réalisée en février a indiqué que Le Pen jouissait d'une image légèrement moins favorisée que Bardella sur des critères de stature présidentielle et de crédibilité sur la scène internationale.
Une éventuelle relaxe pourrait redonner à Marine Le Pen une dynamique après un parcours éprouvant. Cependant, Mathilde Philip, professeure de droit public à Lyon 3, souligne que "une candidate condamnée en campagne créerait un précédent" et que Le Pen a clairement indiqué qu'elle ne souhaitait pas mener des opérations sous bracelet électronique.
La jeunesse de Bardella est également perçue comme un frein. À seulement 31 ans, il est ouvertement critiqué pour son inexpérience, et des figures comme Bruno Retailleau du parti Les Républicains insistent sur le fait qu’il est essentiel d'avoir un bagage solide avant d'accéder aux fonctions les plus élevées.
D'un autre côté, la gauche espère que Bardella pourrait perdre le soutien de l'électorat populaire à cause de son image de "jet set". Adélaïde Zulfikarpasic prévient néanmoins qu'il pourrait capitaliser sur l'indignation des électeurs si Le Pen ne peut se présenter. D'ailleurs, même des membres de la droite estiment que, contrairement à Le Pen, Bardella pourrait rassembler un électorat plus large grâce à une image moins effrayante et une approche politique plus flexible.
Ainsi, même si chaque candidat présente des atouts et des faiblesses, il est évident que le climat politique est tendu et que la bataille pour la présidentielle s'annonce décisive.







