Face à une hausse inquiétante des saisies de stupéfiants, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a dévoilé ce jeudi un plan d’investissement ambitieux à hauteur de 400 millions d’euros, visant à moderniser les équipements et à renforcer les effectifs des douanes d'ici 2030.
Ce plan, intitulé « Plan douanes 2030 », prévoit l'acquisition de nouveaux scanners et le recrutement significatif de personnel pour mieux contrer la « déferlante » de cocaïne qui touche la France. Amiel a souligné les menaces posées par des réseaux de narcotrafiquants de plus en plus sophistiqués, utilisant des technologies avancées pour leurs opérations.
« Face à ce choc d’offres, il est essentiel de renforcer notre capacité d’intervention », a déclaré Amiel lors d’un point presse à Paris.
Selon des statistiques récentes, les douanes ont saisi près de 109 tonnes de produits stupéfiants en 2025, dont 31 tonnes de cocaïne. « Au premier semestre 2026, nous avons observé une augmentation de 30 % des saisies », a ajouté le ministre.
Renforcement des effectifs et des moyens techniques
Ce projet engendrera la création de 545 nouveaux postes au sein des douanes, qui comptent actuellement environ 16 500 agents. Amiel a précisé que 50 % de ces postes seront affectés à la lutte frontale contre le trafic, tandis que 20 % seront dédiés à des investigations plus approfondies.
À l'horizon 2030, 25 scanners supplémentaires seront déployés à travers le pays, allant des dispositifs fixes aux scanners mobiles adaptés pour les ports, y compris ceux situés en Outre-mer. Cette initiative est inspirée des avancées technologiques observées dans d'autres pays européens, comme la Belgique et les Pays-Bas.
Par exemple, le nombre d'images collectées dans les ports devrait passer de 17 000 en 2025 à 281 000 en 2030. Les nouvelles technologies, y compris l'intelligence artificielle, aideront les douanes à identifier plus efficacement les envois suspects.
Les avis d'experts, comme Florian Colas, directeur général des douanes, résonnent particulièrement dans ce contexte : « Nous devons investir pour vraiment cibler et obtenir une vision plus précise des réseaux d'approvisionnement en drogue ». Cela comprend la création d'une nouvelle strate d’investigation régionale pour renforcer le contrôle dans les zones à haut risque.
Avec ce plan, le gouvernement français semble déterminé à prendre des mesures décisives contre le narcotrafic, conscient des défis croissants que pose ce fléau sur la sécurité et la santé publique.







