Le président Emmanuel Macron a lancé un nouveau cycle de négociations à l'Élysée ce vendredi concernant l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Son intention est d'avancer "sans passage en force mais sans paralysie", même en l'absence du principal mouvement indépendantiste, a rapporté France Info.
Lors de l'ouverture de cette réunion, Macron a signalé la volonté de l'État de continuer à stabiliser les institutions de l'archipel. "L'État souhaite continuer d'avancer sur la stabilisation des institutions dans un dialogue respectueux, et je m'attriste de l'absence d'un partenaire", a-t-il déclaré, reconnaissant les risques pris par les délégations présentes.
Le président souhaite relancer les discussions autour de l'accord de Bougival, signé le 12 juillet 2025, qui stipule la création d'un État calédonien au sein de la République française, bien qu'il n'ouvre pas la porte à une pleine souveraineté. Cette perspective a provoqué le rejet catégorique du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste), dont le président, Christian Tein, a averti le gouvernement de ne pas forcer une solution.
Le FLNKS avait initialement adhéré à cet accord, mais insiste sur le fait qu'il s'agissait d'un simple "projet d'accord" à soumettre à la base militante, qui a depuis refusé de l'accepter. L'Union nationale pour l'indépendance (UNI), un autre groupe indépendantiste, soutient l'accord tout en exigeant des clarifications.
Macron a affirmé que l'objectif de cette réunion n'est pas de repartir de zéro, mais d'apporter des éclaircissements à l'accord de Bougival pour ouvrir des perspectives politiques nouvelles.
Une crispation palpable
La vice-présidente des Républicains, Virginie Ruffenach, souligne la nécessité d'avancer, notant que "c'est soit avancer, soit sombrer pour la Nouvelle-Calédonie". Philippe Gomes, leader du parti modéré Calédonie ensemble, a fait écho à cette idée, admettant que l'absence du FLNKS "pénalise" les discussions, mais que ne pas tenter serait un échec.
Un des points de discorde reste le dégel du corps électoral, demandé par les non-indépendantistes juste avant les élections provinciales. "Nous n'accepterons pas des élections sur un corps électoral gelé qui exclut plus de 40.000 personnes", a prévenu Ruffenach. Ce gel, en vigueur depuis 1998, restreint le droit de vote aux personnes résidant en Nouvelle-Calédonie avant cette date.
Il est largement convenu qu'un accord sans le FLNKS semble difficilement applicable, ce qui pourrait raviver les tensions déjà présentes. L'Élysée reste cependant optimiste sur "la possibilité d'un accord" accepté par d'autres groupes politiques, représentant environ 75% des élus.
Pour que toute proposition soit validée, le gouvernement prévoirait de l'introduire comme amendement dans un projet de révision constitutionnelle en cours. Les défis demeurent quant à son adoption au Congrès et à la tenue d'une consultation publique ultérieure, une étape cruciale après les tensions observées en 2024.
En parallèle de ces discussions, des "ateliers" au ministère des Outre-mer se tiendront ce week-end pour affiner certains aspects de l'accord, telles que l'identité kanak et l'autodétermination. Ces échanges devraient clarifier les contours d'un avenir institutionnel apaisé pour l'archipel.







