Montchalin défend la taxe holding pour une justice fiscale plus équitable

Une lutte contre l'évasion fiscale au cœur des débats : la taxe holding en ligne de mire.
Montchalin défend la taxe holding pour une justice fiscale plus équitable
La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin quitte le conseil des ministres avec Sébastien Lecornu le 17 décembre. LP/Fred Dugit

La question de l'équité fiscale est plus actuelle que jamais. Amélie de Montchalin, ministre de l’Action et des Comptes publics, a récemment renouvelé ses déclarations concernant la fameuse « taxe holding », censée imposer davantage les contribuables les plus riches. Cette mesure vise à contrer les pratiques d’optimisation fiscale qui conduisent certains à ne pas payer d’impôt sur le revenu malgré des ressources confortables.

Les récentes affirmations d’Éric Lombard, ex-ministre de l’Économie, indiquant que Bercy possédait une liste de ces contribuables n’ayant pas à s’acquitter de l’IR, ont été fortement contestées par Montchalin, qui a affirmé qu'« il n’y a nulle part écrit à Bercy le nom des gens ayant des revenus fiscaux de référence très bas ». Ce débat résonne aussi bien au sein des murs du gouvernement que parmi le public, et soulève des inquietudes quant à la justice fiscale.

Depuis le début des discussions sur le budget, il devient crucial pour le gouvernement de remédier à ces disparités fiscales. La ministre insiste : « Mon combat, c’est de ne pas laisser cette situation inchangée ». Le projet de loi sur la taxe holding, destinée à être votée pour 2026, a été décrit comme une mesure essentielle pour corriger ce que certains voient comme une « suroptimisation » du système fiscal.

Malgré le soutien évident de certains secteurs, la taxe holding s’attire également de vives critiques. Les opposants à droite craignent une surtaxation excessive, tandis que ceux de gauche jugent la contribution proposée comme insuffisante face aux montants d'évasion fiscale constatés. Les inégalités fiscales continuent de croître, un fait que le rapport de l’Institut des politiques publiques (IPP) n'hésite pas à mettre en lumière : en 2024, moins de la moitié des foyers fiscaux ont payé un impôt net.

« Les 10 % de foyers à très hauts revenus acquittent 76 % de l'IR », précise une étude de l'IPP parue en 2023. Ce phénomène est accentué par le fait que les plus riches se rémunèrent souvent par des dividendes plutôt que par un salaire mensuel, ce qui leur permet de bénéficier d’un taux d’imposition plus avantageux par rapport aux salaires. L’écart entre les taux d'imposition des sociétés et des salaires soulève des questions essentielles sur la justice fiscale en France.

Alors que le gouvernement se prépare à de nouveaux débats sur ce sujet brûlant, il semble évident que la quête d'une fiscalité plus juste est loin d'être achevée.

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