Après avoir réprimé avec une violence inouïe les manifestations contestataires, le régime iranien va encore plus loin en prenant en otage les corps des victimes. Les forces de sécurité exigent désormais des paiements exorbitants aux familles endeuillées pour restituer les dépouilles de leur proches, comme le rapporte BBC Persian.
Pour des familles dans des villes comme Racht, le coût pour récupérer un corps s'élève à 5 000 dollars, tandis qu'une famille d'un travailleur du bâtiment kurde à Téhéran a été accablée par une demande de 7 000 dollars. Étant donné le salaire mensuel de moins de 100 dollars (86 euros), certaines familles se voient forcées de quitter les morgues les mains vides, incapables de faire quoi que ce soit face à un tel chantage.
Jusqu'à présent, des responsables de morgues à Téhéran ont eu l'audace de dire à certaines familles que la restitution des corps sans frais serait possible si elles acceptaient de déclarer que leurs proches étaient des membres des bassidjis ou avaient été tués par des manifestants.
Des familles défiant le système
Pour échapper à cette situation tragique, certaines familles adoptent des mesures désespérées. Dans une morgue de Téhéran, plusieurs d'entre elles ont usé de la force pour sortir les corps des ambulances, craignant que les autorités ne les enterrent secrètement.
"Elles ont gardé les corps plusieurs heures dans la cour, sur le sol, en attendant d'organiser leur transport," témoigne un proche.
Dans d'autres cas, des employés d’hôpitaux ont pris l'initiative de prévenir les familles, permettant ainsi à certains d'entre eux de récupérer les corps avant qu'une extorsion ne s'exerce. C'est par ce biais qu'une femme a réussi à transporter le corps de son mari dans le fond d'une camionnette, fuyant vers l'ouest pour l'enterrer dignement.
Cette situation alarmante a attiré l'attention d'experts, qui dénoncent ces pratiques inhumaines comme le signe d'une répression de plus en plus brutale. "La dignité humaine est piétinée dans ce processus; c'est une manœuvre cynique qui dépasse l'entendement," souligne un observateur des droits humains. Dans cette atmosphère de peur, les voix s'élèvent, non seulement en Iran, mais à l'international, pour condamner ces actes, qui ne font qu'aggraver la souffrance des familles touchées.







