Le tribunal correctionnel de Caen a récemment statué sur un cas choquant de violence éducative, où une mère, âgée de 30 ans, a été condamnée pour avoir infligé une vingtaine de coups de ceinture à sa fille de 7 ans. Ce fait remonte au 24 mai 2022, lorsque l’enfant, de retour de l'école, a été frappée après que sa mère ait jugé son comportement comme insolent. Selon des témoins présents, la grand-mère a assisté à cette scène de violence, mais n'a pas intervenu.
Cette affaire a pris une tournure légale lorsque le père de l'enfant a remarqué des marques de coups sur sa fille. Inquiet que l’école puisse s’en apercevoir, il a décidé de dénoncer les actes de violence quelques semaines plus tard, à la suite d’un différend avec son ex-femme. Lors de son procès, la mère a reconnu avoir été élevée dans un cadre où la violence était considérée comme une méthode éducative. J’ai jugé nécessaire de la corriger pour qu’elle comprenne que ça ne se fait pas. J’ai pris conscience que ça ne se faisait pas mais j’ai été éduquée comme ça.
a-t-elle déclaré devant le tribunal.
L'avocat de la partie civile, Me Mathilde Robert, a souligné la banalisation de la violence dans certaines familles. On parle d’une enfant de 7 ans qui reçoit 20 coups de ceinture. Ça laisse des marques à travers les vêtements.
Cette constatation a été renforcée par des études indiquant que l'utilisation de châtiments corporels peut avoir des effets néfastes sur le développement psychologique des enfants, un message partagé par de nombreux experts en psychologie infantile.
Le ministère public a fortement condamné ces pratiques, affirmant que la violence ne sera jamais une réponse, ni un moyen d’éduquer
. De son côté, l'avocat de la défense a tenté d'expliquer que la mère regrettait sincèrement ses actes et faisait partie d'un contexte où de telles pratiques étaient courantes.
Finalement, la mère a été condamnée à deux mois de prison avec sursis. En outre, elle a été contrainte de suivre un stage de responsabilisation parentale sous peine d'amende et devra verser 800 € en dédommagement pour les souffrances endurées par sa fille. Ce jugement soulève une question importante dans la société actuelle : jusqu'où va la légitimité des méthodes éducatives traditionnelles et la prévalence de la violence dans l'éducation ?







