Chaque buisson et chaque coin de rue à Paris racontent une histoire d'isolement. Dans une capitale qui compte, en 2025, plus de 4 292 sans-abri, le Secours populaire français (SPF) œuvre chaque soir pour redonner un semblant de lien humain.
Au sein de leur local du 18ᵉ arrondissement, une carte de Paris, truffée de punaises colorées, témoigne de l'engagement des bénévoles. Chaque couleur symbolise un itinéraire de maraude : jaune un mercredi, vert un jeudi. Ce soir-là, le 14 janvier, l’atmosphère est à la convivialité avec une galette partagée entre les bénévoles avant de partir
« On voit entre 25 et 40 personnes par soirée », confie Quentin, un militant engagé. Alors qu’il prépare les divers breuvages chauds, Fathia, ingénieure en biologie et bénévole, l’accompagne. « Parfois c’est difficile, mais le contact humain compte énormément. C’est bénéfique pour tous », explique-t-elle, soulignant l'importance de ce lien.
Les maraudes, c'est aussi une distribution de nourriture, de vêtements et d’objets d’hygiène. Avant de partir, Didier Wloszczowski, le secrétaire général du SPF à Paris, remet à Fathia un téléphone à touches destiné à un bénéficiaire, Mario.
Un lien social inestimable
Avec leur van décoré de guirlandes, Fathia et Quentin partent sillonner les quartiers de République et Bastille. Au fil de la soirée, les échanges se tissent. « C’est un moment de partage et de chaleur humaine », note Quentin. Les bénéficiaires, tels que Mario, qui vit dans la rue depuis dix ans, apprécient ces instants. « Je prends ma douche tous les jours ; j’aime être propre », déclare-t-il avec fierté.
À chaque arrêt, la maraude se transforme en une étape de convivialité. Des échanges léger et des plaisanteries s'échangent, comme lorsque Elias, qui arbore une béquille, amuse ses camarades. « Vous vous souvenez de la fille ? » lance-t-il, déclenchant un rire collectif.
La pluie tombe lorsqu’ils rencontrent Karima, une femme en situation irrégulière et bénéficiaire. « Ils sont toujours joyeux et ça réchauffe le cœur, » confie-t-elle. Ce type d’interaction va bien au-delà de la simple distribution des biens matériels. Selon un rapport du Secours catholique, 14% des sans-abri à Paris sont des femmes, souvent confrontées à le violence et à l'isolement.
Ces maraudes, bien plus qu’un service, se révèlent un véritable thermomètre de la société. Fathia et Quentin, comme tant d'autres, cherchent à apporter un réconfort bien nécessaire, créant ainsi des passerelles entre des mondes souvent séparés. « J'ai besoin de me sentir utile », conclut Quentin, qui a trouvé un sens à son engagement social.







