Les tensions chez les agriculteurs s’exacerbent en ce jeudi 15 janvier 2026. À Lyon, plus de 70 tracteurs se sont rassemblés en trois cortèges, menés par les syndicats FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA), pour dénoncer la signature imminente de l'accord entre l'UE et le Mercosur, ainsi que la dégringolade des prix qui menace la survie des exploitations agricoles. Les manifestants, selon une couverture reportée par l'AFP, expriment une colère qui ne faiblit pas malgré un léger essoufflement des mobilisations.
Dans la capitale des Gaules, les agriculteurs ont fait un arrêt marquant devant les locaux de la Direction régionale de l’environnement, où deux remorques de foin et de déchets verts ont été déversées sur la chaussée, accompagnées de klaxons et de pétards. Des banderoles, comme celle où l'on pouvait lire « Ursula, tu nous mets sur la paille ! », font écho à leurs revendications, en désignant Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui a salué cet accord comme un « succès historique » après plus de 25 ans de négociations.
Le cortège a ensuite pris la direction de la préfecture du Rhône, (la circulation a été fortement perturbée), où une délégation a pu rencontrer la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec un important dispositif policier en place pour encadrer la manifestation. D'autres actions similaires se déroulent à Dijon où environ 200 agriculteurs, également mobilisés par la FNSEA et les JA, ont déversé des bottes de paille, du fumier et des pneus devant des bâtiments administratifs pour symboliser leur détresse.
Au-delà de Lyon et Dijon, la mobilisation continue dans d'autres régions. Dans la Savoie, par exemple, des agriculteurs de la Confédération paysanne ont décidé de bloquer un dépôt pétrolier à Albens après des négociations avec la préfète. Selon Pierre Maison, membre de la Confédération, la situation reste tendue, les manifestants étant encerclés par les forces de l'ordre. D’autres mobilisations se déroulent également dans le centre-ouest de la France, avec des rassemblements prévus à Châteauroux et des actions à Saint-Pierre-des-Corps, où l'accès au dépôt pétrolier a été totalement bloqué par des tracteurs.
Les agriculteurs expriment des préoccupations croissantes face à la législation actuelle et aux accords qui, selon eux, favorisent les importations au détriment de la production locale. Leur appel à une intervention immédiate dans la politique agricole a été renforcé par la promesse du Premier ministre Sébastien Lecornu d’examiner un projet de loi d’urgence d’ici mars. Ouest-France rapporte que cette initiative vise à répondre aux préoccupations exprimées par les agriculteurs face à une crise qui, selon de nombreux experts, pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le secteur.







