Copenhague (AFP) – Une délégation bipartisane du Congrès américain est actuellement en visite à Copenhague, affichant son soutien ferme au Danemark et au Groenland. Cette initiative a pour but de dissiper les inquiétudes suscitées par les ambitions de Donald Trump concernant l'immense île arctique. Les onze parlementaires présents ont rencontré la Première ministre Mette Frederiksen ainsi que le chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen. Cette rencontre a mis en lumière un "désaccord fondamental" avec l'administration Trump.
La délégation a partagé un repas avec des chefs d'entreprise danois au siège du patronat et a tenu des discussions avec des membres du Parlement danois, où le drapeau du Groenland était hissé en signe de solidarité. La sénatrice républicaine Lisa Murkowski a évoqué un "dialogue constructif" lors de ces échanges, soulignant l'importance de maintenir et de chérir l'amitié entre les États-Unis et le Danemark.
"Quand vous demandez aux Américains s'ils pensent que c'est une bonne idée que les États-Unis acquièrent le Groenland, environ 75 % répondent que ce n'est pas le cas", a déclaré Murkowski après les réunions.
Elle a également mis en avant la nécessité de considérer le Groenland comme un allié plutôt qu’un simple actif. Cette visite intervient alors même que les autorités danoises avaient récemment constaté l'impossibilité de parvenir à un consensus avec les dirigeants américains au sujet de l'avenir du territoire autonome.
Le sénateur démocrate Chris Coons a souligné que l’objectif principal de ce voyage est d’"écouter respectueusement nos amis" pour mieux transmettre ces perspectives aux États-Unis. À Nuuk, la capitale du Groenland, les habitants accueillent cette tournée avec soulagement. Kenni, un syndicaliste local, a exprimé : "Le Congrès n'accepterait jamais une action militaire au Groenland. Si cela arrive, il s'agira d'un grave affront, et les responsables devront rendre des comptes".
Les ambitions expansionnistes de Trump, qui ont été répétées à maintes reprises, ont été reçues avec scepticisme par les leaders politiques danois, le ministre des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen déclarant qu'il est "hors de question" d'envisager une telle acquisition.
Le climat de tension est également palpable avec le renforcement militaire danois et la présence accrue de troupes dans la capitale groenlandaise, tandis que des exercices militaires européens sont planifiés pour affirmer la souveraineté des nations impliquées, selon les mots de la ministre déléguée aux Armées française, Alice Rufo.
En réponse à ces tensions, des manifestations sont prévues dans plusieurs villes du Danemark et à Nuuk pour dénoncer les ambitions territoriales de Trump. Des milliers de personnes ont exprimé leur désir de se joindre à ces rassemblements, qui s’inscrivent sous l'initiative de diverses organisations groenlandaises, reflétant une volonté de résistance partagée au niveau local.







