Suite à une réunion de leurs ambassadeurs à Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne se réuniront jeudi pour répondre aux menaces tarifaires de Donald Trump concernant le Groenland. Ce sommet extraordinaire vise à élaborer une stratégie de riposte face au chantage économique exercé par le président américain.
Selon The Washington Post, les ambassadeurs européens ont examiné les mesures à adopter après que Trump ait annoncé l'imposition de droits de douane de 10 % sur les marchandises provenant de huit États européens, à savoir le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande. Ces taxes pourraient aller jusqu'à 25 % si l'Europe continue à s'opposer à son projet de « capture totale » du Groenland.
Les commentateurs politiques soulignent que cette situation représente un véritable tournant. El País évoque le sentiment croissant parmi les capitales européennes que le soutien aux intérêts américains ne peut plus primer sur la défense de leur propre souveraineté. Cette nouvelle escalade semble avoir atteint un point de rupture, poussant les dirigeants de l'UE à envisager des réponses qu'ils n'auraient jamais imaginées auparavant.
Les relations se sont tendues entre Washington et Bruxelles dans un contexte global où l'appui de Trump à des questions comme la défense de l'Ukraine est balancé par des pressions sur les accords commerciaux. Politico rappelle que les pays européens avaient jusqu'alors évité de réagir, craignant un retrait amer des États-Unis de l'OTAN.
Le recours à l'instrument anti-coercition de l'UE, souvent décrit comme un « bazooka » commercial, est désormais sur la table. Cet instrument pourrait non seulement entraîner des droits de douane importants sur des produits américains, mais aussi des restrictions sur les investissements et des exclusions de marchés publics pour les entreprises américaines, selon La Stampa.
À travers ce cadre, les dirigeants européens doivent jongler avec la nécessité de défendre leurs intérêts tout en cherchant un dialogue constructif, ce qui reste la priorité pour une majorité au sein de l'UE, comme l'a souligné un diplomate européen au The Guardian.
Ce sommet à Bruxelles pourrait donc marquer un tournant décisif dans les relations transatlantiques, avec des conséquences potentiellement énormes pour les échanges commerciaux et la diplomatie mondiale.







