Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a déclaré qu'il a dû, à regret, déclencher le 49.3 pour faire adopter la partie recettes du budget de l'État pour 2026. Cette décision marque un tournant significatif, car elle a été prise trois mois après qu'il ait promis de ne pas recourir à cet article controversé. Il a affirmé : « Les choses sont maintenant bloquées. La France a besoin d'un budget. »
En engageant la responsabilité de son gouvernement sur cette question budgétaire, Lecornu espère voir le texte promulgué avant la mi-février, une nécessité impérieuse face aux défis économiques croissants. Toutefois, le recours à cette procédure constitutionnelle, qui permet d'adopter des lois sans vote mais qui expose le gouvernement à d'éventuelles motions de censure, n’est pas sans risque.
Immédiatement après l'activation du 49.3, deux motions de censure ont été déposées par des groupes d’opposition, notamment LFI (La France Insoumise) et le RN (Rassemblement National). Cependant, le Parti socialiste (PS) a annoncé qu'il ne soutiendrait pas ces motions, arguant qu'ils préfèrent éviter le chaos d'une crise politique et ont obtenu certaines concessions, telles que l'augmentation de la prime d'activité pour les travailleurs modestes.
Des experts politiques, comme Olivier Faure, leader du PS, estiment que certains aspects du budget sont des avancées, malgré une réticence à l'appeler leur propre budget. D'autres, tels qu'Éric Coquerel de LFI, qualifient ce budget de « budget d'inégalités », remarquant que l'attention portée sur le déficit pourrait masquer des coupes dans les services publics.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a exprimé son inquiétude, affirmant que c'est la démocratie qui souffre avec ce type de décision. Les critiques fusent de toutes parts, notamment à droite, où Philippe Juvin (Les Républicains) a rappelé que l’objectif de réduire le déficit à 5 % du PIB était déjà une promesse en ligne avec les attentes de l’année précédente.
Dans un contexte où les tensions économiques et sociales s'intensifient, il devient crucial de suivre l'évolution de ce projet de budget, ainsi que les conséquences de ce recours au 49.3. La situation reste volatile alors que le gouvernement prépare la prochaine partie sur les dépenses, mais le climat politique devient de plus en plus difficile pour Lecornu.







