La campagne municipale entre dans une phase de trêve ce samedi, marquée par la traditionnelle période de réserve, à la veille d'un second tour qui s’annonce palpitant dans plusieurs grandes villes. Les alliances ainsi que des désistements stratégiques dessinent un tableau électoral complexe.
Cependant, une grande partie des Français ne sera pas appelée aux urnes. Ce deuxième tour ne concerne qu'environ 1.600 communes sur les 35.000 que compte l'Hexagone, ce qui en fait une fraction limitée du paysage électoral.
Les bureaux de vote ouvriront dimanche à 08H00 et fermeront, pour la plupart, à 18H00, bien que cette heure soit étendue à 19H00 ou même 20H00 dans certaines métropoles comme Paris.
La période de réserve, observée juste avant le scrutin, a pour objectif de laisser aux électeurs le temps de réfléchir après une semaine riche en rebondissements. Des accords inattendus ont été conclues notamment à gauche, où le Parti socialiste et La France insoumise ont mis de côté leurs différends pour maximiser leurs chances dans des villes telles que Toulouse, Nantes et Avignon.
À Paris, la situation est bien différente. Un duel intense se profile entre Rachida Dati, candidate de droite, et Emmanuel Grégoire, représentant une gauche élargie, hors LFI. L’insoumise Sophia Chikirou, qui avait obtenu près de 12% au premier tour, a décidé de maintenir sa candidature, tandis que Pierre-Yves Bournazel a rejoint Dati, laissant Clément Beaune, son ex-colistier, soutenir Grégoire.
À Bordeaux, le retrait inattendu de Philippe Dessertine a modifié la dynamique : cela ouvre la voie au candidat macroniste Thomas Cazenave, même si Pierre Hurmic, l’écologiste sortant, avait une légère avance.
Quant à Lyon, le tension est palpable entre le maire sortant Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et les macronistes. Les résultats dans les villes du RN comme Toulon, Nîmes ou Marseille également sont à suivre de près, avec Franck Allisio espérant perturber la réélection de Benoît Payan.
Nice pourrait également jouer un rôle crucial avec Éric Ciotti, candidat UDR soutenu par le RN, s'opposant au maire sortant, Christian Estrosi, une compétition très scrutée.
À Strasbourg, la situation est tout aussi singulière : Catherine Trautmann, ancienne ministre, qui a eu la faveur du premier tour s’est associée avec un candidat des Horizons, face à Jeanne Barseghian, maire écologiste sortante et Jean-Philippe Vetter des Républicains.
Mais une question demeure : ces alliances stratégiques seront-elles suffisantes ? Les électeurs pourraient ne pas "suivre les yeux fermés" ces nouveaux entiés, avertit le politologue Sébastien Michon du CNRS.
En outre, la participation pourrait poser problème, le taux du premier tour, historiquement bas, atteignant à peine 57%.
Dans la majorité des communes, les élections ont permis l'installation de nouveaux conseils municipaux. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a su s’installer dans son fauteuil de premier adjoint à Vernon, renonçant à l'indemnité associée tant qu’il restera au gouvernement.
Louis Aliot (RN) a également été réélu à Perpignan, mais pourrait devoir céder son poste si des décisions judiciaires l’en empêchent concernant une affaire liée aux assistants parlementaires.
Enfin, il est intéressant de noter que certaines communes, au nombre de 68, devront désormais être sous tutelle d'une délégation spéciale, faute de candidats, ce qui pourrait compliquer davantage le paysage politique local.







