En octobre dernier, les représentants de l'organisation patronale USB-Domicile, comprenant plusieurs associations comme l’ADMR et la CFDT, avaient convenu d’une augmentation de 64 euros bruts minimum par mois, mais le gouvernement a récemment décidé de ne pas valider cet accord. Cette décision a provoqué une vive réaction parmi les employeurs du secteur, qui soulignent la grave pénurie de main-d'œuvre affectant l'aide à domicile.
Anne Cousin, directrice de la fédération Una, explique que cette hausse était nécessaire pour rattraper le SMIC et éviter que 40 % des salariés de cette branche ne soient rémunérés en dessous de ce seuil vital. Pourtant, dans un arrêté publié jeudi, le ministère de la Santé a formellement refusé l’agrément de cet avenant, marquant ainsi un dédain apparent à l'égard des conditions de travail dans cette filière déjà fragilisée.
« C’est le troisième rejet consécutif depuis 2025 pour des propositions visant à augmenter les salaires dans ce secteur », affirme Mme Cousin, suggérant que l’État choisit de laisser les services d’aide à domicile dans une situation critique, à un moment où ils font face à des demandes croissantes de la part d'une population vieillissante.
Réagissant à cette décision, USB-Domicile a déclaré dans un communiqué : « Avec ce refus, le gouvernement semble prêt à assumer une aggravation des conditions de travail dans un secteur déjà exsangue. » Les services d'aide à domicile, qui soutiennent principalement des personnes âgées ou handicapées, manquent cruellement de personnel qualifié.
Derrière ce refus se cache également une question d'équité salariale. « On risque de voir les professionnels de ce secteur, qui sont souvent des femmes et appartiennent pour la majorité à des familles monoparentales, se retrouver davantage précarisés », souligne l’organisation, mettant en avant l’impact de l’inflation sur leurs conditions de vie.
Enfin, il est important de noter que la branche a subi une érosion de ses effectifs de 15 % au cours des dernières années, exacerbée par des rémunérations peu attractives alors que les besoins en assistance à domicile sont en constante augmentation, comme le souligne encore Mme Cousin.







