Dimanche dernier, Marc Lorand-Brionne croyait voir ses efforts récompensés par une victoire à la mairie de Valfrembert, non loin d'Alençon. Sa liste avait en effet remporté les élections avec une marge serrée. Cependant, le lendemain, il a reçu un courriel perturbant l’informant qu’une partie de son équipe ne le soutiendrait plus avant la réunion du nouveau conseil municipal.
Cette situation semble rare : une tête de liste abandonnée par ceux qui s'étaient initialement engagés à ses côtés. "Lundi matin, j'ai reçu un message anonyme, signé 'les colistiers élus', dans lequel il était clairement indiqué qu'ils ne voteraient pas pour moi", a déclaré Marc Lorand-Brionne ce vendredi 20 mars. Il doit, ce dimanche, voir se former le nouveau conseil municipal, et il semble que la personne ayant dirigé la liste victorieuse au premier tour ne sera pas nommée maire de cette localité de 1.800 habitants.
Pour Marc Lorand-Brionne, membre sortant du conseil municipal dans l'opposition, cette trahison est un choc. "J'ai essayé de contacter certains de mes collègues mais uniquement sur répondeur, sans jamais recevoir de retour", a-t-il lamenté.
Une campagne sous le signe de l’homophobie
À 53 ans, ancien candidat "divers gauche" lors des législatives de 2022, Marc a mené une campagne marquée par des abus. Sa liste, bien qu’en tête avec 32 voix d’avance, a subi des attaques viles, incluant des lettres anonymes et des propos homophobes. "Je me souviens d'un message disant qu'il ne devait pas y avoir de maire gay à Valfrembert. Ironiquement, ceux qui sont avec moi avaient initialement promis leur soutien malgré cela", a-t-il déclaré, exaspéré.
Marc prévoit de se rendre au conseil municipal pour obtenir des éclaircissements. "Mes colistiers affirmaient qu'ils ne céderaient pas à la pression, mais il semble qu'ils ont finalement cédé", conclut-il avec amertume. Cet incident soulève de graves préoccupations concernant l'atmosphère politique locale et les défis auxquels se heurtent ceux qui choisissent de s'engager activement dans la vie civique, à l'heure où des comportements discriminatoires continuent de polluer le discours public.







