Loïc Prud’homme tire sa révérence. Le député de Gironde annonce son départ de La France insoumise, arguant des désaccords stratégiques avec la direction du mouvement. "J’ai rendu ma carte à LFI en raison de divergences significatives", a-t-il confié ce mercredi à Libération. Il fait état de pertes d'électeurs dans l'électorat de gauche, déclarant : "Je quitte le mouvement avec une certaine déception, mais sans regret".
Prud’homme, qui a toujours été un fervent soutien de Jean-Luc Mélenchon, critique ouvertement l'ancien chef du mouvement. "Je n'ai jamais caché mes réflexions sur les décisions prises depuis 2022", déclare-t-il, en soulignant notamment les "propos déplacés" de Mélenchon concernant certains noms juifs. Ce type de discours lui semble préjudiciable et entrave les efforts de terrain, ajoute-t-il.
Un contexte électoral difficile
Récemment battu aux élections municipales à Bègles, où il a terminé à la troisième place, Prud’homme a tenté d’avertir son parti des risques encourus, mais ses efforts n'ont pas porté leurs fruits. "Je ne suis pas naïf face aux attaques récurrentes contre LFI", précise-t-il.
Pour Raquel Garrido, ancienne députée de LFI, le départ de Prud’homme illustre un malaise plus large au sein du parti. "Les récentes élections ont mis en lumière des divisions". Elle explique que les tentatives de rassemblement avec le maire sortant écologiste ont échoué à compenser des mois de tensions internes, et la droite a finalement remporté Bègles.
Garrido indique que l'Assemblée nationale ne compte désormais plus que 6 des 17 premiers députés LFI élus en 2017. Les défaites récurrentes, les tensions internes et les départs témoignent d'une santé fragile pour le mouvement. Prud’homme, quant à lui, continuera à siéger en tant que député "apparenté" au sein du groupe insoumis.







