Mardi 31 mars, le Sénat a donné son feu vert à l'interdiction des téléphones portables dans les lycées, une mesure qui pourrait entrer en vigueur dès la rentrée scolaire de septembre 2026. Le vote a été largement soutenu par le gouvernement, qui voit cette initiative comme un moyen de favoriser un environnement éducatif plus serein.
Proposée par la sénatrice Les Républicains Agnès Evren, cette mesure vise à interdire l'usage des téléphones portables sur l'ensemble du campus lycéen, tout en prévoyant des dérogations éventuellement déterminées par le règlement intérieur des établissements. Actuellement, les téléphones sont généralement autorisés, mais les établissements peuvent eux-mêmes établir leurs propres règles concernant leur usage. La sénatrice Evren a déclaré : "Nous redonnons ainsi à nos jeunes le droit de s’instruire loin du bourdonnement permanent des algorithmes, dans un climat scolaire plus serein et plus humain". Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a ajouté : "Il faut que la règle soit claire, pour qu'elle soit bien appliquée".
Vers une adoption du texte avant l'été
Rappelons que l'interdiction des téléphones portables est déjà en vigueur dans les établissements scolaires primaires et a été généralisée dans les collèges en septembre dernier. Cependant, certains syndicats de chefs d'établissements, comme le SGEN-CFDT, ont exprimé des réserves sur la faisabilité de l'application stricte de cette mesure dans les lycées.
Il convient également de noter que cette interdiction n’était pas prévue dans le texte initial adopté par l'Assemblée nationale le 26 janvier. Le Sénat a apporté des modifications supplémentaires à la proposition de loi, tout en préservant son objectif général. Ainsi, deux catégories de plateformes de réseaux sociaux ont été distinguées : celles qui pourraient nuire à "l'épanouissement physique, mental ou moral" des jeunes, placées sur une "liste noire", et celles nécessitant l'accord préalable d'un parent pour l'accès des mineurs. Le gouvernement, cependant, a plaidé pour une approche plus simple, sans dérogation parentale, en argumentant que la hiérarchisation des plateformes était incompatible avec le droit européen.
À la suite de cette adoption, une commission mixte paritaire, formée de représentants de l'Assemblée et du Sénat, tentera d'atteindre un consensus sur le texte, élément indispensable avant une adoption définitive par le Parlement. Le président Emmanuel Macron a fait de cette législation une des priorités de son second mandat et espère la mettre en œuvre d'ici la rentrée.







