Les efforts portent leurs fruits. L'Assurance maladie a ainsi détecté et stoppé 723 millions d'euros de fraudes en 2025. Ce chiffre, annoncé ce mercredi à l'Assemblée nationale par Stéphanie Rist, témoigne d'une augmentation de 15% par rapport à 2024. Ce succès s'inscrit dans le cadre de l'examen du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales.
Parmi ces montants récupérés, seulement 49 millions d'euros sont liés aux arrêts de travail, une hausse également de 15% par rapport à l'année précédente, a précisé la ministre en réponse à une question du député Xavier Roseren (Horizons, Haute-Savoie).
"Cette progression des fraudes détectées et stoppées est le fruit des mesures adoptées ces dernières années et de la mobilisation des équipes de l'Assurance maladie," a déclaré Stéphanie Rist.
En ce qui concerne les arrêts de travail, "le déploiement récent du formulaire sécurisé" pour déclaration des arrêts a permis de réduire la fraude de 10% sur le dernier trimestre de 2025.
Envolée des indemnités journalières d'arrêts maladie
La ministre a également souligné que la croissance des dépenses liées aux arrêts de travail n'est "plus soutenable", avec une augmentation d'un milliard d'euros par an depuis cinq ans, atteignant presque 20 milliards d'euros au total, soit 16% des dépenses de la médecine de ville.
"Nous aurons prochainement l'occasion de présenter des mesures, en collaboration avec le ministre du Travail et le ministre des Comptes publics, pour limiter cette croissance," a rappelé Stéphanie Rist.
Des réunions à Matignon, présidées par le Premier ministre Sébastien Lecornu, regroupent les ministres concernés pour réfléchir aux moyens de mieux réguler les dépenses liées aux arrêts de travail, sans consultation des syndicats ou des associations de patients. Cela suscite des inquiétudes quant à des mesures pouvant restreindre les indemnités journalières.]
Il est à craindre que ces échanges aboutissent à une réduction du plafond des indemnités journalières, déjà abaissé de 1,8 à 1,4 SMIC depuis le 1er avril 2025. Certaines voix s'élèvent également contre d'éventuelles mesures ciblées sur les arrêts de longue durée, qui représentent 82% des dépenses malgré leur fréquence relativement faible.
La possibilité d'un jour de carence d'ordre public dans le secteur privé pour décourager les arrêts fréquents est également envisagée, une proposition qui a le soutien des employeurs.
Les détails du nouveau plan, attendu pour avril, continuent d'inquiéter les acteurs concernés, comme mentionné par plusieurs médias dont BFMTV.







