La Corrèze, symbole de résistance face à la limitation de vitesse à 80 km/h

Découvrez comment la Corrèze s’oppose à l’abaissement de la vitesse sur ses routes.
La Corrèze, symbole de résistance face à la limitation de vitesse à 80 km/h
Pascal Coste (en bleu) lors d’une manifestation de soutien à la déviation de Beynac, en Dordogne, en janvier dernier. © Crédit photo : Stéphane Klein / SO
La Corrèze s'oppose fermement à la réduction de la vitesse, comme l'explique Pascal Coste, président du Département.

En 2018, alors que le gouvernement d'Édouard Philippe a imposé une limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes identifiées comme les plus accidentogènes, Pascal Coste, président LR du Département de la Corrèze, a réagi avec véhémence. Il a même érigé des panneaux de signalisation affichant : "Le nouveau monde vous demande de ralentir".

Pascal Coste a déclaré : "On est entrés en résistance". Pour lui, cette décision prise depuis Paris ne tient pas compte de la réalité des territoires. Il a critiqué le manque de consultation auprès des départements, responsables du plus vaste réseau routier. "Édouard Philippe distance les corps intermédiaires tout en prenant des décisions sans connaître réellement le pays. Les besoins en mobilité de la Corrèze ne se comparent pas à ceux des métropoles, où les transports en commun prédominent. La voiture ici est indispensable. Il était inconcevable de laisser ce choix de vitesse s'imposer sans tenir compte de notre situation".

Confiance

Le législateur a mis du temps à permettre aux Départements de revenir à 90 km/h, mais la Corrèze s'est engagée dans cette lutte. "Cette démarche démontre un manque de confiance et un mépris envers les collectivités. Comment un pays peut-il fonctionner de la sorte ?" a-t-il ajouté.

Les départements comme la Corrèze et le Cantal sont parmi les rares à avoir défié cette réglementation. Le président de la Corrèze a minutieusement évalué le réseau routier régional. Sur 4 780 kilomètres, les tronçons les plus dangereux ont connu une réduction de vitesse à 70 km/h, tandis que la majorité a conservé la limitation à 90 km/h, malgré des contestations juridiques. Les tribunaux ont finalement validé les 2 008 arrêtés signés.

Quelques économies

Le gouvernement avait avancé des raisons de sécurité routière pour justifier cette mesure, mais Coste a analysé les statistiques : "Ici, 52 % des accidents sont liés aux conditions météorologiques, survenant généralement lorsque la vitesse est limitée à 80 km/h. D'autres causes comme l'âge et la sobriété des conducteurs sont davantage préoccupantes. Si le Premier ministre nous avait consultés, nous aurions pu lui fournir des explications".

Parallèlement, Coste a initié un plan de sécurité routière local qui cible jeunes et adultes, mettant également l'accent sur des campagnes de sensibilisation pour les conducteurs seniors. Les chiffres de l'accidentologie dans la Corrèze n’ont pas montré d'augmentation significative. Ce refus de s'aligner sur la politique de limitation a même permis des économies.

En effet, Pas des investissements pour la modification des panneaux de signalisation se sont avérés être une satisfaction pour l'élu.

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