Le 29 mars dernier, une attaque du gang Gran Grif a laissé entre 30 et 80 victimes dans le département de l’Artibonite, provoquant l’indignation d’une journaliste et juriste dans les colonnes de Le Nouvelliste. Elle préconise un “partenariat efficace et responsable” entre les élites haïtiennes et la nouvelle mission de l’ONU.
Alors que la communauté internationale multiplie les discours, les autorités locales peinent à rétablir l’ordre. La violence des gangs cause des milliers de dégâts humains et matériels, alors que l’autorité de l’État est de plus en plus minée par ces groupes armés.
Dans les rues de Port-au-Prince et dans d’autres villes, les méthodes violentes de domination territoriale se sont banalisées, engendrant meurtres, enlèvements et autres atrocités.
Le premier sinistre, responsable d’une lutte anti-gang, a récemment convenu que “la situation actuelle nécessite des solutions durables et effrénées”. En effet, selon Le Miami Herald, les récentes attaques dans l'Artibonite sont symptomatiques d'un climat général d'impunité et de chaos.
Dans ce contexte, un policier kényan a perdu la vie le 24 mars dernier, comme l’indique The Haitian Times, faisant partie d'une mission multinationale jugée insuffisante face à l'intensification des violences. Il est prévu que cette mission soit remplacée en avril prochain par une nouvelle Force de répression des gangs (FRG), qui aura un mandat plus offensif pour rétablir la sécurité.
“80 à 90 % de la capitale est sous l'influence directe ou indirecte des gangs,” révèlent les autorités locales, privant la population de sa liberté de circulation et de sa sécurité.
Responsabilités partagées
La crise actuelle ne peut être attribuée uniquement à l’inefficacité de la communauté internationale. Elle découle aussi de décennies de mauvaise gouvernance, de corruption et d’instabilité politique. Un expert de l'Université d'État d'Haïti déclare que “sans un engagement ferme de la part des dirigeants, toute aide extérieure est vouée à l’échec.”
Les autorités doivent construire des institutions résilientes et renforcer la justice, en unissant leurs forces avec la communauté internationale pour restaurer la confiance des citoyens.
Les violences quotidiennes qu’affrontent les Haïtiens placent des milliers de familles en situation d’urgence. Parents hésitant à envoyer leurs enfants à l'école, commerçants devant fermer boutique, et déplacés survivant sans accès aux besoins essentiels telles que l’eau potable et les soins de santé.
La priorité doit être un partenariat solide pour contrer la traite d'armes, financer de manière transparente les missions de sécurité et mener des réformes institutionnelles. Les dirigeants nationaux doivent également faire leur part pour retrouver la confiance du peuple.
Haïti ne demande pas seulement de la charité, mais un État responsable et des institutions fiables pour restaurer sa dignité. Pendant que les acteurs internationaux promettent des solutions, le peuple haïtien, lui, continue de compter ses morts.







