Le directeur général d'Air Canada, Michael Rousseau, a récemment suscité un tollé au sein de la classe politique canadienne après avoir prononcé un discours presque entièrement en anglais. Cette situation a soulevé de vives réactions, d'autant plus que le français est l'une des langues officielles du pays.
Dès l'annonce de son départ prévu fin septembre 2026, le conseil d'administration a mis en lumière le contexte de cette décision. Rousseau s'est attiré la désapprobation de plusieurs élus canadiens en publiant un message en anglais à la suite d'un tragique incident survenu à l'aéroport LaGuardia de New York, où deux pilotes de la compagnie ont perdu la vie le 22 mars 2026, comme rapporté par Le Journal de Montréal.
1 Deux pilotes de la compagnie meurent dans un accident tragique
Le dimanche 22 mars, un avion de Jazz Aviation, opérant pour Air Canada, a été impliqué dans une collision mortelle avec un véhicule de lutte contre les incendies à l'aéroport de New York. Selon les témoignages recueillis, la scène était chaotique. Un passager a raconté à CNN : "Tout le monde était recroquevillé, tout le monde criait... Et quelqu'un a dit : 'Allons vers l'issue de secours'".
Malheureusement, le pilote et le copilote n'ont pas survécu à cet accident, et 43 des 72 passagers ont nécessité des soins médicaux, dont plusieurs ont été hospitalisés pendant plusieurs jours.
2 Le patron d'Air Canada exprime ses condoléances en anglais
Le lendemain de cette tragédie, Michael Rousseau a publié une vidéo dans laquelle il exprimait ses condoléances aux familles des pilotes. Cependant, la vidéo n'était guère qu'en anglais, ne contenant que quelques mots en français, provoquant ainsi l'indignation de nombreux responsables politiques. La première loi fédérale sur les langues officielles, adoptée en 1969, a en effet établi que l'anglais et le français sont les deux langues officielles du Canada.
Face à l'ampleur des réactions, Rousseau a été convoqué par le comité des langues officielles à Ottawa le 24 mars, et sa communication a été jugée "incompatible avec les obligations définies par la loi", rapporta Radio Canada. À cette date, plus de 80 plaintes avaient été déposées auprès du Commissariat aux langues officielles.
3 La controverse s'intensifie au niveau gouvernemental
Les réactions ont atteint les plus hauts niveaux du gouvernement. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a exprimé sa "très grande déception" face à la situation, affirmant que Rousseau avait manqué de jugement. Le 26 mars, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a confirmé que les dirigeants du pays se doivent de communiquer dans les deux langues officielles, affirmant que "le Canada est un pays bilingue" lors d'une réunion réunissant les ministres des Affaires étrangères du G7.
En défense de sa position, Rousseau a déclaré qu'après "de nombreuses leçons de français au fil des années", il avait du mal à s'exprimer convenablement dans cette langue. Il a présenté ses excuses, tout en promettant de continuer à travailler sur ses compétences linguistiques.
"Je présente mes sincères excuses pour cela... Mais je poursuis mes efforts pour progresser."
Michael Rousseau, PDG d'Air Canadacité par l'AFP







