Dans le domaine du logement, les dispositifs évoluent souvent en réponse aux changements de gouvernance. Le dispositif Pinel, qui offrait des avantages fiscaux aux investisseurs, a été abrogé en 2024, entraînant une chute dramatique de la production de logements en France, comme l’indique Sud Ouest. Face à cette crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a chargé Vincent Jeanbrun de concevoir un nouvel incitatif pour l'investissement locatif.
Ce nouveau statut a été lancé depuis mi-février et offre aux bailleurs privés la possibilité de déduire chaque année une partie du coût de leur investissement de leurs revenus imposables, apportant ainsi une reconnaissance de leur risque financier. Selon Henry Buzy-Cazaux, expert immobilier, ce changement de paradigme va transformer l’image de l’investisseur, qui ne sera plus vu comme un simple rentier, mais comme un acteur économique à part entière.
« L’urgence de la situation a convaincu l'État de prioriser la création de logements, » explique Lionel Causse, député (Renaissance) des Landes et ancien président du Conseil national de l’habitat. La France vise à générer deux millions de nouveaux logements d'ici 2030, tandis que le besoin actuel s'élève à 600 000. Le nouveau statut devrait permettre d’ajouter 50 000 biens par an sur le marché.
Les promoteurs semblent désormais plus optimistes, mais il reste à surmonter les réticences des élus locaux, souvent méfiants face aux projets de construction. Causse souligne l'importance d'obtenir des permis de construire pour concrétiser ces ambitions. « Chacune des parties doit faire sa part, surtout que cela a des répercussions sur les finances des municipalités. »
Une préoccupation centrale
Henry Buzy-Cazaux abonde dans ce sens : « La question du logement est devenue la principale préoccupation des citoyens, prenant le pas sur les questions de sécurité. Les élus sont sous pression pour agir. Le discours autour du maire bâtisseur a évolué pour devenir celui du maire sans grue, qui risque de s’exposer à des critiques. »
Le besoin de logements est tel qu'à Toulouse, la troisième ville de France, on accueille chaque année 13 000 nouveaux habitants, nécessitant des solutions rapides. On estime que plus de 20 % des emplois dans cette région restent vacants, en lien direct avec le manque de logements adéquats.
Le statut du bailleur privé, bien qu’il ne puisse pas tout résoudre, constitue une avancée notable. D’ici avril, le gouvernement prévoit d’améliorer le dispositif en assouplissant les exigences de performance énergétique et en l’étendant à l’habitat individuel. Cela marque une étape importante vers un équilibrage du marché locatif en France.







