Le nouveau maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a déclaré le 1er avril que la gauche n'a "ni programme ni doctrine". Actuellement, les conditions pour décrocher une victoire aux présidentielles de 2027 semblent absentes. "Aujourd'hui, il serait malhonnête de prétendre le contraire", a-t-il précisé dans un entretien pour Le Nouvel Obs.
Cette déclaration intervient alors que la préparation de la primaire de la gauche, programmée pour le 11 octobre, semble compromise. L'accent, selon Grégoire, devrait être mis sur la construction d'un programme économique, social et environnemental solide.
Le maire a jugé que "la gauche se perd dans des luttes internes car elle n'a rien de substantiel à proposer". Avec une victoire de 50,52 % lors du dernier scrutin municipal, il a devancé Rachida Dati de l'union de droite et du centre.
"La gauche traverse sa plus grave crise politique dans l'histoire de la Ve République"
Grégoire souligne que la gauche subit sa crise la plus sévère depuis des décennies. "Nos territoires demeurent solides, mais historiquement, notre impact est désormais très faible. Ce constat ne découle pas seulement de nos divisions, mais bien de notre manque de programme et de doctrine", a-t-il analysé.
Il a aussi exprimé qu'il ne rencontrait aucun problème avec le mouvement de La France insoumise ou ses électeurs, mais plutôt avec certains de ses dirigeants. "Jean-Luc Mélenchon priorise son propre avenir présidentiel au lieu de cobâtir une majorité pour la gauche", a-t-il critiqué, en doutant de la possibilité d'une victoire de Mélenchon en 2027.
Une campagne "extrêmement violente" dans un contexte difficile
Grégoire a également évoqué les défis des grandes villes, notamment Paris. "Penser que la conquête des métropoles peut mener à une stratégie nationale est illusoire. La sociologie électorale parisienne est complètement différente de celle du reste du pays. Nous devons garder une vision réaliste pour éviter de sombrer", a-t-il mis en garde.
Toutefois, il a reconnu les défis de sa propre campagne contre Dati et Sophia Chikirou, estimant que la campagne de Dati était trop caricaturale et ne résonnait pas avec les Parisiens. "Je pense avoir su apparaître comme un candidat plus rassurant, serein et sérieux face à une offre électorale trop agressive", conclut-il.







