Une veuve face à l'injustice : le combat d'une vie contre le déni et les mensonges

Maryvone Raveneau se bat depuis 36 ans pour la vérité sur l'attentat du DC-10 d’UTA.
Une veuve face à l'injustice : le combat d'une vie contre le déni et les mensonges

Le 1er avril, le procès en appel portant sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy a pris une tournure émotive avec le témoignage des familles des victimes du DC-10 d'UTA, explosé en septembre 1989. Parmi elles, Maryvone Raveneau, femme d'une victime, a partagé son histoire déchirante. Elle a découvert la mort de son mari, le commandant de bord Georges Raveneau, à la télévision, et depuis, elle se bat pour préserver sa mémoire et son honneur.

Ce texte est extrait d'un reportage. Pour voir l'ensemble, veuillez consulter la vidéo.


Maryvone Raveneau se trouve au cœur de cette tragédie. Elle défend l'honneur de son époux, victime d’une attaque terroriste orchestrée par le régime libyen. En tant que partie civile dans le procès portant sur le financement de la campagne de Sarkozy, son objectif est clair : obtenir la vérité. Ce procès lui rappelle cette nuit fatidique où elle a perdu son mari et appris le crash du vol au journal télévisé.

Le 19 septembre 1989, le DC-10 de la compagnie UTA est retrouvé dans le désert du Niger, marquant la fin tragique de 170 vies. Une bombe avait été placée dans l'appareil. "C'est un choc que l'on ne guérit jamais. À mes yeux, ma famille n'est plus que de trois membres. La colère et la tristesse demeurent présentes," témoigne Maryvone Raveneau.

Le responsable désigné par la France de cet attentat est Abdallah Senoussi, ancien chef des renseignements libyens, condamné par contumace à la perpétuité en 1999. Il est désormais au centre de l’affaire du financement libyen. Bien que la Libye ait été isolée sur la scène internationale, les liens avec la France subsistent.

Une tentative de faire oublier l'attentat

En 2004, le régime libyen a voulu faire tomber le voile sur ce drame en proposant des compensations financières aux familles des victimes, mais Maryvone Raveneau a été la seule à refuser cette offre. "Je ne peux pas accepter qu'on transforme un attentat en accident," déclare-t-elle avec force. Son intention est de veiller à ce que l’histoire ne falsifie pas les événements, malgré les tentatives d’effacement de la part du régime.

Dès 2005, des manœuvres diplomatiques ont été mises en œuvre entre le clan Kadhafi et l'administration Sarkozy, orchestrées par Claude Guéant et Brice Hortefeux. En première instance, ces derniers ont été reconnus coupables d'avoir signé un pacte secret qui a permis d'injecter des millions en échange de l'abandon des poursuites. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est actuellement sous le coup d'une condamnation à cinq ans de prison.

Maryvone Raveneau conclut son témoignage en affirmant : "Nicolas Sarkozy prétend ignorer ces rencontres. C'est un affront à ma mémoire et à celle des victimes. Ce qui me touche, c'est ce déni persistant et ces mensonges qui continuent d'assaillir notre vérité." Pendant ce temps, les acteurs de cette affaire tentent de justifier leurs actions. La quête de Maryvone pour insister sur la reconnaissance de l'attentat est un acte de bravoure admirable face à l'inacceptable.

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