La menace d'exclusion pèse sur des étudiants étrangers à Strasbourg

Une réunion décisive face à la menace d'exclusion de 45 étudiants étrangers.
La menace d'exclusion pèse sur des étudiants étrangers à Strasbourg
Le campus et la fac de droit à Strasbourg © Radio France - Corinne Fugler

Une situation alarmante se dessine pour de nombreux étudiants extracommunautaires à l’Université de Strasbourg, où 45 d’entre eux sont en danger d'exclusion. En cause, des frais d'inscription de 3941 euros par an qu'ils peinent à régler. Une réunion cruciale entre syndicats et direction est prévue ce mercredi pour tenter de trouver une issue.

Après que 37 étudiants ont été radiés en décembre 2025, cette nouvelle vague d’exclusion souligne l’angoisse croissante parmi les étudiants concernés. Dans un courrier reçu le 31 mars, ces derniers ont été informés de leur désinscription imminente, ce qui crée un climat de stress insupportable. "On a des étudiants en situation de stress total, de crainte permanente, du fait d’être désinscrits, de voir leur projet professionnel et universitaire mis en péril", déplore Miaina Raharinjanahary, un représentant du syndicat Alternative Étudiant Strasbourg.

Une décision "d'une violence insupportable"

La loi de 2019 impose des frais d’inscription différenciés pour les étudiants hors Union Européenne, un fardeau que certains ne peuvent assumer, déjà lourdement influencés par les coûts de leur installation en France. "Ces décisions administratives sont d’une violence insupportable et s'apparentent à des exclusions", s’insurgent les syndicats, qui évoquent des situations parfois dramatiques.

L’Université de Strasbourg, de son côté, assure qu'elle ne fait qu’appliquer la loi. Sur un total de 8 000 étudiants extracommunautaires, 7 600 bénéficient d’exonérations. Les responsables de l'institution précisent que seuls 388 étudiants sont confrontés à ces frais exorbitants.

Réunion ce mercredi

Les syndicats, bien que inquiets, envisagent des alternatives comme celles adoptées par d’autres établissements d’enseignement, qui ont réussi à accorder des bourses aux étudiants en difficulté. "Ces étudiants ont pour la plupart réussi leur premier semestre. Subir une désinscription trois mois avant la fin de l'année est inadmissible", dénonce Pascal Maillard, secrétaire du SNESUP-FSU, un syndicat d'enseignants, qui ajoute que "les plus pauvres ne devraient pas souffrir de telles mesures".

Cette réunion, prévue ce mercredi 8 avril à 18 heures, pourrait s’avérer cruciale pour le sort des 45 étudiants menacés. Selon les estimations, annuler ces désinscriptions représenterait seulement 0,08 % du budget total de l'université, un signal fort en faveur de l'inclusion et de la solidarité académique.

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