D'après les dernières projections du ministère de l'Éducation, la France pourrait connaître une chute de près de 1,7 million d'élèves dans les écoles, collèges et lycées d'ici 2035. Ce phénomène, qualifié par Edouard Geffray de "vague sismique", impose une réévaluation urgente de l'offre scolaire sur le territoire.
Cette baisse, qui représente une diminution de 14,2% par rapport à 2025, s'accompagne de pertes significatives dans le premier degré, avec près de 933.000 élèves concernés. "Il est essentiel de repenser l'ensemble du système éducatif, qui sera profondément affecté par cette tendance", a précisé le ministre lors d'un entretien avec le Parisien.
Geffray a mis en lumière les disparités territoriales qui auront un impact sur cette évolution. Malgré l'engagement à n'aucune fermeture d'école sans l'accord des maires, il indique que la situation devra être adaptée, notamment dans les zones urbaines comme Paris, où le nombre d'élèves pourrait chuter de 30% en une décennie.
Selon un rapport de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), cette déclin démographique affectera davantage le premier degré, avec une diminution prévue de 15,2%, par rapport à 13,2% pour le second degré.
Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, il est crucial que ces chiffres ne soient pas utilisés comme justification pour des suppressions de postes. "Suivre aveuglément la boussole démographique" serait imprudent, en raison des inégalités sociales et de la complexité croissante des métiers de l'éducation, a-t-elle précisé à l'AFP.
Aurélie Gagnier, du SNUipp-FSU, partage cette préoccupation et conseille de maintenir le nombre de postes afin de diminuer le ratio d'élèves par classe. En cas de fermetures, elle propose un redéploiement vers l'enseignement spécialisé, un besoin accru dans le contexte actuel.
Les projections se basent sur trois scénarios de fécondité, prévoyant un indice de 1,5 enfant par femme d'ici 2030, alors que les effectifs des écoles maternelles et élémentaires devraient passer de 6.149.400 en 2025 à 5.216.400 élèves en 2035.
Les conséquences de cette crise éducative varient d'une académie à l'autre. Alors que certaines régions subissent de fortes baisses, d'autres, comme la Guyane, voient une augmentation de leurs effectifs. Les chiffres anticipent également 4.000 suppressions de postes d'enseignants d'ici la rentrée 2026, exacerbant les mouvements de protestation à travers le pays.
Enfin, Edouard Geffray, dans sa volonté de responsabilité, admet que ne pas faire face à cette situation pourrait "repousser les ennuis" à ses successeurs, soulignant l'importance d'une rencontre avec les syndicats prévue pour le 21 avril afin de discuter de ces enjeux cruciaux.







