La suspension temporaire du permis de conduire pour usage du téléphone au volant semble porter ses fruits. "À ce jour, j'ai retiré 343 permis", déclare Gilles Clavreul, préfet des Landes. Ce dispositif, introduit en novembre 2025, a été instauré suite à un été particulièrement meurtrier, avec une hausse de 37 % des contraventions pour usage du téléphone au volant.
Le préfet souligne qu'il existe encore une centaine de suspensions à venir, car le processus entre l'infraction constatée et la notification peut prendre jusqu'à un mois. "Nous respectons une phase de contradiction de huit jours", précise-t-il.
Une mesure qui apporte des résultats
Gilles Clavreul a également reçu de nombreux courriers contestataires concernant les suspensions, mais l’indulgence a été de mise dans certains cas, notamment pour des raisons médicales. "Nous devons garder un côté humain", souligne-t-il. Malgré des retours positifs et une amélioration des comportements, il reste vigilant : "10 % de baisse, c'est bien, mais cela pourrait être mieux. Ce n'est pas encore suffisant." Avec une augmentation de 10 % des contrôles effectués par les forces de l'ordre, on observe une diminution des infractions relevées.
"La mesure fonctionne, mais il reste du chemin à parcourir."
Les données sur la sécurité routière révèlent que, depuis le début de l’année, 47 blessés ont été comptabilisés, un chiffre comparable à l'année précédente. En revanche, les accidents mortels ont augmenté de manière significative, avec 12 décès enregistrés contre 7 l'année précédente.
Gilles Clavreul, soucieux des impacts à long terme, examine actuellement l'extension de cette mesure à d'autres infractions telles que le refus de priorité et le franchissement de lignes blanches. Selon lui, le cadre légal permettrait d'allonger la durée de la suspension qui pourrait atteindre six mois, un durcissement jugé nécessaire pour renforcer la sécurité routière.
Dans cette optique, le préfet ne cache pas son ambition de renverser la tendance. "Depuis 2021, nous constatons des chiffres similaires, et nous devons casser ce plateau. Il est essentiel de mettre l'accent sur les infractions liées aux stupéfiants, une problématique croissante sur nos routes", conclut-il.







