En Guadeloupe, la situation tragique de 31 dépouilles, dont 22 nourrissons, qui attendent encore une inhumation ou une crémation au CHU, suscite une vive émotion. Ces corps, restés sans sépulture depuis plusieurs années, ont été révélés par un rapport de La 1ère, provoquant une onde de choc au sein de la population locale.
Selon les informations fournies par la procureure de la République, Caroline Calbo, bien que les autorités aient émis un arrêté le 19 février afin de faciliter la crémation, aucune autorisation n’a été délivrée par la mairie des Abymes, où se trouve le CHU, et où réside la responsabilité d’infester les dépouilles des indigents.
Thierry Devimeux, le préfet de l'archipel, a souligné que conformément au code général des collectivités, c'est le devoir du maire de procéder à ces inhumations. Pourtant, jusqu'à présent, aucune action n'a été entreprise, renforçant un sentiment d'indifférence face à cette situation désespérée.
Les sources proches du dossier évoquent des raisons financières en toile de fond de ce blocage, car le coût de la crémation serait perçu comme trop élevé pour la municipalité. Le maire Éric Jalton n’a pas répondu aux multiples sollicitations de l’AFP pour éclaircir cette situation.
Le CHU, dont la morgue est en surcharge depuis les années de pandémie, a lui-même fait état d’un désespoir grandissant concernant la conservation de ces dépouilles. En mars, Tania Foucan, en charge des services médicaux-forensiques, a annoncé un coût colossal de conservation à hauteur de 750.000 euros, une somme dont l’hôpital peine à se défaire dans un contexte de déficit chronique.
Ce blocage administratif a également été exacerbé par la situation au sein de la société de pompes funèbres, qui avait perdu son agrément préfectoral, posant des complications supplémentaires dans le processus de prise en charge des corps, comme le rapporte un rapport du quotidien local.
Mgr Philippe Guiougou, évêque de Pointe-à-Pitre, a exprimé son choc face à cette situation, rappelant l'importance de respecter la dignité humaine, et a tenté de dialoguer avec la municipalité pour tenter d'accélérer les choses, mais le doute persiste quant à la rapidité des solutions à apporter.
Ce tragique épisode continue de faire grand bruit en Guadeloupe, révélant non seulement une crise en matière de gestion des corps d'indigents, mais aussi un profond malaise sociétal face à la manière dont sont traitées les vies perdues.







