Les dernières données de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) indiquent une diminution substantielle des demandes d’asile en France. Ainsi, au mois de mars 2026, près de 10 900 dossiers ont été enregistrés, portant le total pour le premier trimestre à environ 31 500, soit une chute de 23 % par rapport à l’an dernier. Cette tendance s’inscrit après une légère baisse de 3,7 % observée en 2025, période durant laquelle le système de protection avait été particulièrement sollicité, selon Valeurs Actuelles.
Les chiffres révèlent également un recul plus prononcé pour les premières demandes, qui affichent une chute de 31 %. Parmi les nationalités les plus touchées, les demandeurs ukrainiens et guinéens enregistrent des baisses respectives de 57 % et 54 %.
Augmentation des réexamens
À l’inverse, les réexamens des demandes d’asile poursuivent leur ascension. Au premier trimestre, 9 299 dossiers ont été traités, représentant 29,5 % de l’ensemble des demandes, en hausse par rapport aux 23,2 % de l'exercice précédent.
Haïti se distingue désormais en tant que premier pays d’origine des demandeurs en France, avec 3 029 demandes, suivie de l’Afghanistan et de la République démocratique du Congo.
Pression accrue en Outre-mer
Curieusement, cette baisse des demandes n’est pas observée dans les territoires ultramarins. Au contraire, près de 4 172 demandes ont été comptabilisées, marquant une augmentation de 23 %. Comme l'a noté l’Ofpra, cette hausse est en grande partie attribuée à la réouverture du guichet unique à Mayotte.
Dans les départements français d’Amérique, qui accueillent la majorité des demandes ultramarines, la pression est particulièrement intense, en particulier en Guyane, où 72 % des premières demandes proviennent de Haïtiens.
Des décisions rapides de l’Ofpra
Face à cette situation, l’Ofpra maintient un rythme élevé d'activité, avec 14 057 décisions rendues en mars, un résultat record. Depuis le début de l'année, 38 583 décisions ont été prises, soit une augmentation de 2,7 % par rapport à 2025. Ce dynamisme contribue à réduire le stock de dossiers en attente, qui est désormais inférieur à 50 000 pour la première fois en trois ans.
Évolution du taux de protection
Le taux de protection accordé par l'Ofpra se situe actuellement à 40,2 %, un point de moins que l'année précédente. Après vérification par la Cour nationale du droit d’asile, ce taux atteindrait 50,1 %. Notamment, la moitié des protections accordées concernent des ressortissants ukrainiens, haïtiens et afghans.
Enfin, les retraits de protection sont également en baisse. Les délais d’instruction se sont raccourcis, atteignant en moyenne 146 jours, comparé à 163 jours en 2025, permettant ainsi à une majorité des demandeurs d’obtenir une réponse en moins de quatre mois. Le rapport cite que cette dynamique s'explique par l'objectif d'enregistrer un maximum de dossiers avant la mise en œuvre du Pacte européen sur l'asile, qui vise à renforcer le contrôle des entrées irrégulières et à établir un mécanisme de solidarité entre les États membres.







