Des commerçants en colère face aux inégalités du 1er mai

Les commerçants s'indignent de l'inégalité des ouvertures le 1er mai.
Des commerçants en colère face aux inégalités du 1er mai
Laurent Flaujac, boucher installé sous la halle de Cahors, depuis 2016 ne comprend pas la décision du gouvernement. Photo autorisée pour La Dépêche du Midi

Les tensions montent chez les commerçants alors que le gouvernement a décidé d'autoriser les boulangers et fleuristes à ouvrir le 1er mai, laissant d'autres secteurs, comme la boucherie et le fromage, dans l'incertitude. "Personne ne comprend cette décision, et nous sommes en colère," s'emporte Laurent Flaujac, président du syndicat des bouchers du Lot depuis 2017.

Ce 1er mai, seul jour férié chômé et payé, les bouchers et fromagers estiment perdre une occasion cruciale de ventes. "Nos clients veulent leurs produits ce jour-là, et une grande partie de leur commande est exactement ce qu'ils attendent," ajoute Flaujac.

La décision de faciliter l'ouverture de commerces spécifiques a suscité un débat intense parmi les commerçants depuis l'annonce initiale du Premier ministre Sébastien Lecornu. En 2027, cette possibilité pourrait s'étendre aux autres secteurs, mais aujourd'hui, seuls les salariés des boulangeries et fleuristes pourront choisir de travailler, ce qui en exclut des milliers d'autres.

Laurent Flaujac et d'autres représentants commerçants ciblent des incohérences apparentes dans la politique actuelle. "Pourquoi certains commerces peuvent-ils ouvrir et pas d'autres ?" s'interroge le boucher, qui insiste sur la nécessité d'une réévaluation rapide de cette position. Cette année, le 1er mai tombe un vendredi, et Flaujac rappelle l'importance cruciale de ce jour pour les ventes.

Mathys Courdesse, un jeune boucher de 24 ans, partage la frustration générale. "C'est soit tout le monde qui ouvre, soit personne. Les ventes du vendredi comptent énormément pour nous, surtout en période de vacances. Travailler seul n'est pas viable," déclare-t-il, appelant à une liberté de choix pour les salariés.

Damien Marty, fromager avec deux établissements, se questionne également. "Si le 1er mai tombait un samedi, j'aurais certainement ouvert. Le gouvernement doit prendre en compte l'impact sur l'ensemble des commerces," conclut-il, tout en espérant que le projet de loi se transforme d'ici 2027 pour inclure tous les secteurs. Ces insatisfactions reflètent un sentiment général : une législation inégale qui pénalise certains et favorise d'autres. Les commerçants continuent de se mobiliser, espérant être entendus et bénéficiant d'une chance égale de servir leurs clients en ce jour symbolique.

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